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ÉTUDE
La solitude, "compagne de route" du chef d’entreprise
Par Olivier Torrès*
à propos d’une étude de Bpifrance Le Lab
 

L’universitaire Olivier Torrès*, fondateur d’Amarok, observatoire sur la santé des dirigeants de PME, a piloté une étude à la demande de Bpifrance Le Lab sur le thème "Vaincre les solitudes du dirigeant".

Selon cette enquête, 45% des dirigeants de PME et d’ETI se sentent isolés. Et 29% d’entre eux se déclarent « ni entourés, ni isolés ». Le poids des responsabilités dans un environnement complexe et incertain constitue la première source de ce sentiment de solitude. La deuxième source est le manque de reconnaissance sociale, contrairement aux patrons du CAC 40 et aux dirigeants de start-up. Les dirigeants de PME et d’ETI se plaignent notamment de n’être compris ni entendus des pouvoirs publics qui produisent toujours plus de lois et de règlements contraignants...

Conduite auprès de 2 400 dirigeants d’entreprise, un échantillon représentatif au plan national des PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire), cette étude originale combine analyse qualitative de témoignages de dirigeants et analyse quantitative. Elle identifie sept facteurs "amplificateurs de solitude" (1).

Nous publions, ci-dessous, avec son accord, de larges extraits de l’introduction d’Olivier Torrès à cette étude.

« L’entrepreneur doit assumer seul les conséquences angoissantes de certaines décisions... »

Olivier Torrès

Par Olivier Torrès*

La solitude est insidieuse lorsqu’elle s’insinue dans le sommeil du dirigeant où ses problèmes quotidiens hantent ses nuits. Combien de témoignages ai-je entendu de dirigeants avouant dormir avec un carnet pour noter, au sursaut d’un réveil nocturne, la solution au problème qui tournait en boucle dans leur tête toute la nuit. La solitude, c’est passer des nuits blanches à broyer du noir... Les problèmes de trésorerie, la baisse de l’activité, la perte d’un gros client, l’impayé qui arrive au pire des moments, le salarié que l’on côtoie de longue date et que l’on doit licencier… Voilà autant de "stresseurs" qui amplifient le sentiment de solitude des dirigeants.

Et que dire de l’intensité de la solitude du chef d’entreprise lorsqu’il est convoqué au tribunal de commerce pour liquider son entreprise ? Ce jour-là, c’est souvent un monde qui s’écroule, parfois une dynastie familiale qui s’effondre. La souffrance est telle que certains commettent l’irréversible...

La solitude des entrepreneurs s’amplifie lorsqu’ils doivent faire face à un environnement de plus en plus complexe et quand le sentiment de responsabilité se mue en sentiment de culpabilité. En petite entreprise, il n’existe point de DRH pour faire tampon. Le management est frontal. Le dirigeant est en butte directe et permanente avec des problèmes de tous types.

L’entrepreneur doit assumer seul les conséquences angoissantes de certaines décisions.

La solitude est l’un des traits des décideurs, surtout lorsqu’il s’agit de prendre des décisions importantes. Or, « en PME, tout est stratégique » disait Michel Marchesnay, l’un des grands maîtres "PMistes français". C’est là l’un des traits spécifiques des entreprises de moindre taille.

Les "stresseurs" évoqués plus hauts (la perte d’un client, l’impayé, le licenciement d’un salarié…) sont marginaux et secondaires en grande entreprise. Ils deviennent majeurs et cataclysmiques dans les plus petites.

La solitude accompagne les dirigeants de PME tout au long de leur vie. C’est pour cela que l’étude de Bpifrance Le Lab est cruciale pour éclairer ce phénomène typiquement "PMiste".

Il existe des antidotes à la solitude du dirigeant

Fort opportunément, cette étude invite aussi à promouvoir des antidotes à la solitude.

Par bonheur, ils sont nombreux : « Savoir s’entourer », « Adhérer à des réseaux », « Faire de la stratégie » pour sortir le nez du guidon, « Constituer des comités de pilotage », « Partager les décisions », « Ouvrir le capital », « Se former »… sont autant de recettes complémentaires dont l’étude montre les doubles vertus, à la fois pour la santé du dirigeant et la santé de l’entreprise.

Le style de management participatif, la nature du leadership charismatique, le type de gouvernance ouvert, la stratégie collaborative, sont au cœur des réponses apportées par cette étude.

On voit alors se dessiner les contours d’une PME, moins classique, plus managériale, donnant plus de poids aux procédures, à la planification, à la gouvernance élargie, au long terme, à la mise en place d’une stratégie globale incluant les parties prenantes…

* Olivier Torrès est professeur à l’Université de Montpellier et à Montpellier Business School ; il est le fondateur de l’Observatoire Amarok sur la santé des dirigeants de PME.

- (1) L’étude a identifié sept grands facteurs amplificateurs de solitude (par ordre décroissant d’importance) :

- 1 - L’absence d’un bras droit ou d’une personne de confiance sur laquelle le dirigeant peut se reposer

- 2 - Un temps de travail hebdomadaire supérieur à 70 heures

- 3 - Des résultats déficitaires lors de l’exercice en cours

- 4 - Le fait d’être seul dirigeant et propriétaire de l’entreprise

- 5 - Un chiffre d’affaires en baisse

- 6 - Des difficultés chroniques de recrutement

- 7 - Le fait de vivre seul d’être célibataire, veuf ou divorcé

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