Retour sur…

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◊ Retour sur d’anciens articles faisant écho à l’actualité…

  • Notre sélection de novembre 2020

L’Entrepreneur et le Politique

crédit photo : Mohamed Hassan – Pixabay

Pour certains, l’amour est un combat.
Les relations complexes, ambivalentes, fluctuantes, compliquées et néanmoins indispensables, entre les décideurs politiques et les entrepreneurs sont aujourd’hui mises à rude épreuve par la persistance de la crise de la Covid-19.

Ces dernières années, à différentes occasions, les politiques ont  multiplié les déclarations d’amour aux entrepreneurs sur l’air de: « J’aime l’entreprise! » Dans une conjoncture où la croissance économique semblait reprendre durablement de la vigueur, l’idylle paraissait solide…

Hélas, l’arrivée inopinée et brutale de la Covid-19 au début de cette année a mis sous tension le couple politique-entrepreneur.

La crise sanitaire a redonné un pouvoir absolu aux politiques qui ont, du jour au lendemain, repris le contrôle des leviers économiques, faisant démentir tous ceux qui dénonçaient le pouvoir sans partage des grandes entreprises « plus puissantes que des États »…

Des pans entiers de l’économie ont été mis en coma artificiel et placés sous perfusion d’argent public, subitement devenu illimité (au prix d’un endettement vertigineux!)

L’enchaînement de mesures régaliennes autoritairesconfinement, couvre-feu, fermeture des bars, restaurants et des commerces jugés « non essentiels »… a mis les entreprises sous la tutelle de la décision politique. En compensation, l’État ouvrait en grand les vannes des aides et allégements de charge… Quitte à enfermer les chefs d’entreprise dans la caricature du « chasseurs de primes »…

Avec l’instauration d’un nouveau confinement cet automne, le torchon brûle au sein du ménage politique-entrepreneur.

Un vent de fronde s’est levé parmi de nombreux professionnels qui s’estiment injustement pénalisés par le durcissement des contraintes sanitaires ou des interdictions qui les frappent,  ce qui pourrait conduire de nombreuses entreprises à la faillite…

Plus que des aides, les entrepreneurs réclament aujourd’hui de l’activité. Pouvoir vivre de leur travail et non de subsides.

Les politiques, chargés de la gestion du « bien commun », invoquent la priorité absolue de la Santé Publique sur tout le reste pour justifier le carcan réglementaire imposé à nouveau aux entreprises.
Un discours qui passe beaucoup moins bien que lors du premier confinement en mars : de nombreux chefs d’entreprise craignent cette fois de mourir… guéris.

>>>Lire ou relire notre chronique d’octobre 2016: « Entrepreneurs,
qu’attendre des politiques ? »

 

  • Notre sélection de l’été 2020

 

Un monde tout-écran

La société du tout-écran et l’Internet sont les grands gagnants de la crise sanitaire!

Les mesures coercitives de confinement des populations, adoptées dans la plupart des pays, ont renforcé, sans commune mesure, l’omniprésence des écrans dans la vie quotidienne. Privés de sortie,  cantonnés chez eux, les adultes comme les enfants se sont immergés allègrement dans le monde multimédia. D’autant que le télétravail et l’école « à distance » n’ont fait qu’augmenter le temps passé devant les écrans…

Comme nous l’écrivions il y a déjà 18 ans, le temps consacré aux écrans devient la première activité de la vie éveillée!

Depuis, la généralisation des smartphones et l’explosion des « médias sociaux »  ont démultiplié le temps de connexion multimédia.

Pour la partie information/divertissement, Médiamétrie nous apprend que « la durée d’écoute individuelle de la télévision s’est élevée en moyenne à 4h41 quotidiennes, contre 3h29 un an auparavant, soit une augmentation de plus d’un tiers… » Chez  les 15-24 ans, l’augmentation du temps dédié à la télévision est la plus marquée : avec 65% de progression!

Pour les adolescents, le tiercé Internet-télé-Jeux vidéos a accaparé leur attention pendant plus de 33 heures par semaine pendant le confinement, soit 50% de plus qu’auparavant, selon une étude d’Harris Interactive.

Notre nouvelle condition d’Homo Connexus

Télé-shopping, téléconsultations, téléconférences, télétravail, télévision… La Covid-19 nous a plus que jamais assignés à une société de la connexion et de la « virtualisation ».

C’est désormais notre condition humaine moderne  d’Homo Connexus : Connecto ergo sum! Comme nous le soulignions sur Consulendo.com, l’été 2017.

Cette hyperconnexion effrénée, parfois compulsive, nous fait vivre dans un état de veille et de stimulation permanentes, qui peut être source de stress, d’anxiété et de frustration.

Par ailleurs, cette connexion ininterrompue aux écrans contribue aussi à brouiller la frontière entre vie réelle et vie iconique, entre vie privée et vie professionnelles  Ce qui peut entraîner du surmenage, des tensions, des troubles psychologiques,  de la fatigue nerveuse, voire des états de « Burn-Out« …

Toutefois, après de semaines de confinement, le besoin de « déconnexion » s’est lui aussi fait sentir, de même que l’envie de retrouver la vie « en vrai », les relations en direct, les échanges interpersonnels en face à face… 

Le « déconfinement » sera-t-il aussi synonyme de « désintoxication » à nos addictions numériques?

L’été est en tout cas la saison appropriée pour y songer…

 

  • Notre sélection de Mai 2020

crédit : Union européenne

L’Europe, quand même

La focalisation médiatique sur le coronavirus a quasiment éclipsé le 70ème anniversaire de l’acte fondateur de l’Union européenne.  Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères de la 4ème République, propose à l’Allemagne et au-delà aux autres pays, la création d’une organisation européenne dont la vocation serait la mise en commun des productions de charbon et d’acier.

Ainsi est née, sept ans avant la signature du Traité de Rome, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), socle fondateur de notre Europe actuelle.

Voilà pourquoi, le 9 mai, dans tous les pays de l’Union, on célèbre la « Journée de l’Europe ».

Cette année, il est vrai, beaucoup d’Européens ont été contraints de rester reclus afin de limiter les risques de contamination du Covid-19, ce qui réduit les effusions et les manifestations festives…

La crise sanitaire a aussi fait ressortir que la construction européenne était loin d’être achevéeEn effet, la santé demeure une prérogative de chaque Etat-membre, et l’on a pu observer, outre un manque de solidarité entre membres au début de la pandémie, des différences nationales dans la gestion de la crise, en fonction des institutions politiques, des modes  d’organisation du système de soins ou de la plus ou moins grande décentralisation des pouvoirs… Cela a aussi occasionné quelques confusions regrettables dans la gestion des frontières au sein de l’espace commun (convention de Schengen)…

Malgré cela, les États de la zone Euro ont trouvé un soutien sans faille auprès de leur Banque centrale qui a ouvert grand les vannes du crédit, permettant aux gouvernements de s’endetter, bien au delà de ce qu’on aurait pu imaginer en temps « normal », et d’injecter d’énormes liquidités dans des plans de soutien aux économies nationales.

Et finalement, le 18 mai 2020, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont trouvé un accord pour lancer un programme de relance économique de 500 milliards d’euros, en faveur des régions et des secteurs d’activité particulièrement éprouvés par la crise du Covid-19. Nouveauté de cette initiative commune, elle sera financée via un emprunt mutualisé au niveau de l’Union européenne, et non souscrit par chacun des Etats membres séparément.

Malgré toutes les critiques que s’attire régulièrement l’Union européenne, nous pensons que dans le monde actuel, encore plus risqué et incertain, où rivalisent les grandes puissances comme les Etats-Unis et la Chine, nous n’avons pas d’avenir en dehors de l’Europe.

Aucun pays ne peut espérer « peser » tout seul sur la marche du monde

Seul un groupe de nations unies autour d’une histoire commune, de valeurs partagées et de projets d’avenir a des chances de se faire entendre, et d’engager des actions significatives.

Au plan économique, l’Union européenne, représente arithmétiquement la première puissance du globe. Même s’il s’agit, pour le moment, d’une vision essentiellement … statistique : il subsiste toujours des disparités entre Etats-membres, (fiscalité, droit social, pratiques commerciales, etc.), et nous devons continuer à progresser vers une meilleure coordination des politiques publiques.

Mais, face aux enjeux environnementaux, technologiques, économiques, démographiques, face aux défis que pose la transformation du capitalisme spéculatif et de la mondialisation des échanges, l’Europe reste le meilleur échelon pour proposer un modèle original, un modèle humaniste, une voie responsable et de progrès social…

>>>Lire notre article de mai 2017 : L’Europe, notre histoire, notre avenir

 

  • Notre sélection d’avril 2020

Revenu universel : l’idée redevient contagieuse

crédit photo : Pixabay

On en avait beaucoup parlé pendant la campagne des présidentielles de 2017. Bien qu’ancienne, l’idée avait été remise en selle par plusieurs politiques, dont Benoît Hamon, le candidat officiel du parti socialiste: pourquoi ne pas distribuer à tous les citoyens, de leur majorité à l’âge de la retraite, un « revenu universel d’existence » – « RUE »? L’argument des partisans d’un tel salaire public perpétuel est simple : le travail risque de devenir durablement rare en raison du déploiement à grande échelle de l’automatisation et de l’intelligence artificielle (IA)…

La stratégie de lutte contre la  pandémie du Covid-19 qui a consisté à mettre autoritairement à l’arrêt la moité des activités économiques, et des armées de salariés en chômage partiel, avec une indemnisation prise en charge par la dépense publique, a remis au goût du jour ce « RUE » dans une partie de l’opinion et des élites.

Sauf à unifier en une seule indemnité les allocations sociales existantes telles que le RSA (solution la plus raisonnable), créer un « revenu pour tous » aurait un coût exorbitant pour les finances publiques, lequel ne pourrait être financé que par l’augmentation de la fiscalité sur l’activité productive et commerciale, au risque d’étouffer complètement celle-ci, déjà fortement ponctionnée…

Nous pouvons aussi pointer, comme nous l’avons déjà fait, d’autres effets pernicieux d’un tel « revenu universel »:

  • A quel idéal démocratique cela répond-il que de transformer chaque citoyen en une sorte de « salarié » à vie de l’Etat? Alors que celui-ci a déjà du mal à assurer les principales fonctions « régaliennes » qu’on est en droit d’attendre de lui…
  • Autre argument défavorable : un « RUE » ne dissuaderait-il pas chacun de chercher à conquérir sa dignité par le travail? « Si, en effet, on considère le travail comme une malédiction, une « punition » ou une forme de servitude, alors le « RUE » peut apparaître comme une panacée. Mais si, comme on le pense, écrivions-nous, le travail répond à la vocation créatrice de l’Homme, lui permet de se réaliser en transformant son environnement, en améliorant son quotidien et sa situation, à faire communauté autour d’une œuvre ou d’un projet collectifs, alors il faut favoriser la capacité et la liberté de chacun de générer son revenu par son travail ».

>>>Lire notre article de mai 2017 sur les archives de Consulendo.com

 

  • Notre sélection de février/mars 2020

Entreprises et territoires

©AMF

Les 15 et 22 Mars, dans quelque 36 000 communes, les Français votent pour désigner leurs maire et conseil municipal.

Avec les dirigeants de PME, les maires font partie des rares élites qui conservent un certain crédit auprès des Français, selon la cote d’amour que mesurent régulièrement les sondeurs. Cela est dû à la « proximité », valeur associée à la figure de l’élu local, comme à celui du « patron » de PME ou de TPE. 

La proximité est une valeur plébiscitée à l’heure où la mondialisation et les nouvelles du monde portent un caractère anxiogène, amplifié à l’envi par les réseaux de médias d’information en continue…

L’autre valeur sous-jacente  associée à ces figures du maire et de la TPE est celle de l’enracinement : les Français, même devenus urbains à 80%, gardent dans leur cœur un imaginaire campagnard, une nostalgie d’un monde bucolique – plus fantasmé que réel. Or, dans leur immense majorité, les TPE et PME sont des entreprise de proximité et des entreprises enracinées sur un territoire. Parce qu’elles sont d’abord des entreprises « patrimoniales », c’est à dire qui appartiennent à son fondateur, à sa famille ou à ses proches.

Comme nous l’écrivions sur Consulendo en mars 2010 , « une entreprise patrimoniale a des racines, les assume, les revendique, elle sait les valoriser et y puiser une part de sa performance dans la durée.

Citons, pour l’exemple, des sociétés comme Michelin à Clermont-Ferrand, Legrand à Limoges, Thuasne à Saint-Etienne, Fleury-Michon en Vendée … et, de création beaucoup plus récente, l’entreprise Léa Nature à La Rochelle qui porte un ambitieux projet de biopôle privé, sous l’impulsion de son Pdg fondateur Charles Kloboukoff …

Comme une vigne qui se nourrit d’un terroir singulier pour donner un vin de qualité, l’entreprise patrimoniale tire avantage d’une histoire, d’une culture, de compétences, de soutiens, de réseaux propres au territoire qui l’a vu naître et grandir. Entre l’entreprise et son environnement régional, culturel, humain, il se produit des échanges subtils dont il résulte une tradition, des savoir-faire, une réputation, une forme d’empathie, autant d’éléments propices à sa pérennité… »

Et comme le souligne Sophie Bellon, la présidente du groupe Sodexo, leader mondial de la restauration collective, fondé à Marseille par son père Pierre Bellon, « les entreprises ont aussi une responsabilité à l’égard des territoires où elles sont installées… »

 

  • Notre sélection de janvier 2020

ETI : Les locomotives de l’économie française célébrées à l’Elysée 

 

Les représentants des ETI salués à l’Elysée par Emmanuel Macron le 22 janvier 2020. Au centre on reconnaît Yvon Gattaz.
(crédit photo : Présidence de la République)

500 dirigeants d’ETI (entreprises de taille intermédiaire) ont été reçus mardi 22 janvier 2020 à l’Elysée par le président de la République Emmanuel Macron. Un hommage légitime rendu à ces « pépites » de l’économie insuffisamment connues des Français.

Ni grand groupe, ni PME, les ETI, dont la propriété du capital est principalement aux mains de leurs dirigeants, emploient entre 250 et 4 999 salariés. On en compte « seulement » quelque 5 500 (sur 3,5 millions d’entreprises!), mais elles procurent 25 % des emplois privés et contribuent à 34% des exportations françaises.

Il y a deux ans, en janvier 2018, le Meti, mouvement des entreprises de taille intermédiaires, créé par Yvon Gattaz (qui fut aussi le président du patronat français sous François Mitterrand) publiait un intéressant rapport en partenariat avec l’Institut Montaigne. Consulendo.com en a rendu compte en son temps.

Ce rapport intitulé : « ETI : taille intermédiaire, gros potentiel », piloté par le chef d’entreprise Arnaud Vaissié,  membre du comité directeur de l’Institut Montaigne, dressait à la fois un état des lieux et formulait 16 propositions pour débrider le potentiel de ces locomotives de l’économie française.

Il était notamment rappelé que les ETI ont créé plus de 335 000 emplois nets entre 2009 et 2015, alors que les micro-entreprises en ont « perdu » 100 000 et les grandes entreprises 80 000 !

Cependant, en l’espace de deux quinquennats, la France n’a donné naissance qu’à 1 200 ETI nouvelles. Et notre pays ne fait toujours pas le poids par rapport à l’Allemagne qui compte 12 500 ETI , ou par rapport au Royaume-Uni avec 10 000 ETI, ou même à l’Italie (8 000 ETI)…

Car depuis trois décennies, la France n’a pas réussi à engager autant de réformes structurelles que ses voisins européens. Les entreprises françaises sont pénalisées face à leurs homologues européennes par nos rigidités administratives et culturelles, les pesanteurs réglementaires, sociales et fiscales dont notre pays s’est fait le champion !

« En donnant aux ETI les moyens de redevenir compétitives, la France augmentera ses chances de retrouver sa place dans la compétition internationale. La transformation de notre écosystème actuel doit être menée à l’aide d’initiatives pragmatiques et ambitieuses qui vont de la dynamisation du marché du travail à la sanctuarisation du capital productif en passant par la formation des talents, la représentation des salariés ou encore l’allègement des prélèvements obligatoires. La prospérité d’un pays et la pérennité de son modèle social dépendent essentiellement de la croissance et de la vitalité de ses entreprises », déclarait Arnaud Vaissié, l’auteur du rapport lors de sa présentation il y a deux ans.

Toutefois, des avancées se sont fait jour depuis la publication du rapport.

L’ISF sur le capital actionnarial a été supprimé, ce qui était un frein à la pérennité des ETI françaises (les minoritaires étant souvent contraints de vendre leurs actions pour acquitter l’impôt!). Et la loi PACTE adoptée au printemps 2019, porte un certain nombre de dispositifs favorables aux ETI. Notamment la suppression ou la réduction du forfait social sur l’actionnariat salarié et l’intéressement – c’était notamment une des demandes du rapport du Meti.

>>> Lire dans les archives de Consulendo la synthèse du rapport « ETI : taille intermédiaire, gros potentiel »

  • Notre sélection de décembre 2019

A quoi servent les syndicats?

On les avait vite enterrés, les syndicats, avec la déferlante des Gilets Jaunes depuis un an : on disait que ce mouvement protestataire protéiforme, surgi des tréfonds du pays, leur échappait, que les «organisations représentatives de salariés» ne contrôlaient plus rien…

Certes, en France, à la différence des pays de tradition anglo-saxonne, le taux de syndicalisation des actifs est très faible (moins de 10% dans le privé) mais de là à en tirer un constat d’impuissance…

Ce serait vite oublier, que depuis la Libération, les syndicats contrôlent des leviers stratégiques de notre économie : énergies, transports, télécommunications… Et le projet de réforme des retraites porté par le gouvernement d’Edouard Philippe les a radicalement électrisés.

Depuis ce début décembre, chacun peut constater que les syndicats ne sont pas morts, qu’ils disposent toujours d’un pouvoir de blocage de l’économie… lequel ne rencontre pas vraiment de contre-pouvoir ! Malgré Vélib, Blablacar ou le télétravail…

Phillippe Martinez, le leader de la CGT, reçu à Matignon par le Premier ministre Edouard Philippe, lors de la consultation sur les Ordonnances du travail en 2017

Comme disait l’autre, le plus dur est de sortir d’une grève* …  D’autant que la France n’a pas de véritable tradition du dialogue social et encore moins d’appétence pour le «compromis» social, comme chez nos voisins Allemands ou chez les Scandinaves…

Nos syndicats sont encore empreints d’une culture de la lutte de classes, prompts à l’épreuve de force, convaincus de l’existence d’une opposition irréductible entre les intérêts du salarié et de celui qui l’emploie – fût-il l’Etat…

C’est pourquoi nous vous invitons à relire le point de vue éclairé de celui qui fut le conseiller aux affaires sociales du premier Premier ministre de François Mitterrand, Pierre Mauroy, en 1981, Bernard Brunhes. Ce polytechnicien, fondateur d’un cabinet de consulting réputé, grand connaisseur du secteur public comme des entreprises, et qui fut sollicité comme médiateur dans plusieurs conflits sociaux, est prématurément disparu le 5 septembre 2011. On aimerait entendre sa voix aujourd’hui pour nous éclairer sur le conflit en cours.

* La phrase célèbre est « Il faut savoir terminer une grève» prononcée par Maurice Thorez, secrétaire général du PCF au moment du Front Populaire en 1936

>>>Lire ou relire cette «brève histoire du syndicalisme » français par Bernard Brunhes, dans les archives de Consulendo

 

  • Notre sélection de novembre 2019

Transmettre… ou disparaître

 

Le thème de la transmission-reprise d’entreprise est moins médiatisé que celui de la création.  L’image du créateur, de surcroît s’il s’agit d’un « start-uper », paraît plus glamour que celle du repreneur, dépeint plutôt comme un besogneux…

Pourtant reprendre une entreprise offre beaucoup plus de chances de réussir et de durer que de créer sa boîte ex-nihilo.

 

Le repreneur ne part pas d’une page blanche, il s’appuie sur des actifs, une expérience, un historique, des compétences, des savoir-faire, un portefeuille de clients… A condition d’identifier et de bien sélectionner l’entreprise à reprendre… Le « vivier » est important puisque la Bpce l’évalue à 185 000 entreprises susceptibles de changer de main chaque année… alors que les transactions ne concernent que quelque 50 000 d’entre elles.

C’est que la cession-transmission est par nature un acte délicat, que beaucoup de dirigeants-propriétaires ont tendance à repousser le plus tard possible, et ne claironnent pas qu’ils veulent passer le relais! Du coup, il y a beaucoup de repreneurs affichés que de cédants déclarés.

Il existe cependant depuis quelques années un salon professionnel, créé à l’initiative de la CCI Paris-Île de France et qui rassemble les principaux experts du chiffre et du droit, afin de faciliter la mise en relation entre cédants et repreneurs. Il s’agit du salon Transfair qui se tiendra au Palais des congrès de Paris-Porte Maillot, le 21 novembre.  Ateliers pratiques, conférences, consultations, espace de networking sont proposés aux dirigeants cédants et repreneurs potentiels.

Si la transmission intra-familiale est moins développée en France que dans d’autres pays européens, une autre modalité de cession pourrait être utilement encouragée, c’est la reprise par les salariés.  Les pouvoirs publics s’y s’ont essayé, parfois maladroitement. Après le RES des années 1980, tombé en désuétude,  il y a eu la loi Hamon du 31 juillet 2014 qui fait obligation à tout cédant d’une PME à informer ses salariés de son intention de vendre au moins deux mois avant la cession… Un dispositif qui souleva pas mal de critiques dans le monde patronal et qui, à notre connaissance, est toujours en vigueur…

>>>Sur cet enjeu de la transmission aux salariés, lire notre article de l’été 2014 dans les archives de Consulendo.com

 

  • Notre sélection d’octobre 2019

Brexit or not Brexit?

 

Carte de l’Union Européenne

Nul ne sait vraiment si la Grande-Bretagne sera définitivement sortie de l’Union Européenne (UE) le 1er novembre 2019… Mais en ce mois d’octobre, il apparaît de plus en plus clair qu’elle va en sortir.

Cette valse-hésitation  des autorités d’Outre-Manche qui dure depuis trois ans, a déjoué toutes les prédictions et emberlificoté bien des analyses…

Toujours est-il que cette sortie pose de nombreux problèmes qui sont loin d’être réglés. Ainsi, beaucoup de PME qui commercent avec la Grande-Bretagne, aujourd’hui en franchise de droits de douane, devront apprendre à gérer la bureaucratie des déclarations douanières… 

Les nombreux salariés de nationalité française (ou d’autres pays de l’Union) qui travaillent de l’autre côté du Channel, se demandent légitimement que deviendra leur statut, leur couverture sociale, à quelle fiscalité ils seront  assujettis?

La confusion qui a suivi la décision de sortie de l’UE de la Grande-Bretagne montre combien nos vieilles nations européennes sont interdépendantes, imbriquées, que le « divorce à l’amiable » est loin d’être une simple formalité tant nos intérêts sont liés : entre 50% et 75% des échanges commerciaux des pays-membres s’effectuent au sein de l’Union européenne.

Le coup de semonce du Brexit devrait inciter l’Europe à renforcer son intégration économique, sociale, financière, fiscale, à se refonder en  » communauté de destin ».

Face au grands enjeux planétaires actuels  : transition énergétique, dérèglements climatiques, crises migratoires, nouvelles technologies, défis numériques et biologiques, développement de l’Afrique …-  nous n’avons pas le choix! Chaque pays isolément sera impuissant à  les affronter.

Seule une Europe intégrée pourra apporter des réponses crédibles et durables… Il n’est peut-être pas trop tard.

>>> Lire notre précédent article sur ce sujet : « L’Europe est notre histoire… et notre avenir«  (juin 2017)

 

  • Notre sélection de septembre 2019

L’emploi ne tombe pas du ciel… Vive les entreprises!

Crédit photo : Pixabay

Selon les derniers chiffres publiés en septembre par l’Insee, 56 200 emplois ont été créés en net (solde des créations et des  suppressions) au deuxième trimestre 2019. Sur une année (mi 2018/mi 2019), la création d’emplois aura atteint 269 900, dont 251 200 emplois créés dans le secteur privé et 18 700 dans la fonction publique.

Ainsi, entre le début de 2015 et la mi 2019, les entreprises privées ont créé pas moins de 936 000 emplois… On s’approche donc du chiffre symbolique du million d’emplois nouveaux, l’objectif quinquennal fixé par l’ex-président du Medef Pierre Gattaz, qui fut alors beaucoup raillé pour cet engagement que d’aucuns jugeaient présomptueux voire totalement fantaisiste…

L’emploi ne tombe pas du ciel: pour créer des emplois, il faut des employeurs!                                                                  Et pour qu’il y ait des employeurs, il faut un terreau favorable. Notamment des politiques publiques qui créent un environnement réglementaire, juridique et fiscal qui ne dissuade pas les entreprises de pendre des risques, d’investir, d’embaucher et d’aller de l’avant…

Pour qu’il y ait des emplois il faut que vivent les entreprises!

André Mulliez, le fondateur du réseau Entreprendre

La formule « Pour créer des emplois, il faut créer des employeurs ! », a été forgée dans le courant des années 1980 par le chef d’entreprise du Nord, André Mulliez (décédé en 2010); c’est lui qui a fondé le réseau Entreprendre, une association de chefs d’entreprises bénévoles qui a essaimé sur toute la France pour accompagner  des créateurs ou des repreneurs d’entreprise à fort potentiel de croissance…

>>>Lire notre article de juillet-août 2011 sur Consulendo 

 

  • Notre sélection de juillet-août 2019 :

« Déconnexion »? Tu déconnes?

L’impératif catégorique du « Connecto ergo sum«  (je me connecte donc je suis) a supplanté la célèbre maxime de Descartes : « Cogito ergo sum » (je pense donc je suis).

L’arrivée de  l’été s’accompagne de bonnes résolutions : faire du sport, perdre des kilos superflus, vivre une vie plus saine, profitez de ses proches, et désormais : se déconnecter!Tenter de se désintoxiquer de notre addiction aux objets communicants et connectés… Enfin plus facile à dire qu’à faire!

Pour les plus accros, des stages et des séminaires ont fleuri, inspiré de méthodes expérimentées en Amérique…

La génération des « Millenials » est vraisemblablement la plus addict aux écrans. Ils sont nés avec Internet  et confondent leur smartphone avec un doudou qu’ils tripotent compulsivement à tout moment du jour et de la nuit, même en dormant!

Certes, ces « merveilleux » objets interconnectés nous permettent d’être « joignables » tout le temps, où que nous soyons...

Sans oublier ces satanés médias sociaux qui nous titillent à tout bout de champ et nous obligent à réagir là où ça nous gratte… Ces sollicitations incessantes, cette hyperconnexion effrénée, souvent compulsive, nous mettent dans un état d’alerte permanent, « sans trêve ni repos », ce qui est inévitablement source de stress, de frustration, de tensions, avec des retombées négatives pour son équilibre personnel et relationnel dans la vie « réelle »…

Comme s’en alerte dans son dernier livre Bruno Pattino, « La Civilisation du poisson rouge. Petit traité sur le marché de l’attention«  (Grasset, avril 2019), le temps d’attention des humains, affolé par ces sollicitations permanentes,  dépasserait d’à peine une seconde celui des poissons rouges qui est de 8 secondes!

Impossible dans ces conditions de réfléchir correctement, de faire preuve de discernement, de prendre les bonnes décisions, de faire les bons choix…

Alors il est plus que temps de profiter de l’été pour pratiquer une hygiène de la connexion, une diététique de la consommation des écrans… Retrouver l’oisiveté des « temps morts », s’accorder du temps pour la rêverie, la méditation, la contemplation désintéressée, devenir dilettante…

Retrouver aussi  le plaisir de la lecture de livres (imprimés), la suavité de l’écriture avec un stylo à plume qui crisse sur la page de papier glacé…

> Lire la suite de notre chronique de l’été 2017

 

  • Notre sélection du mois de juin 2019 :

Hommage : Gérard Negreanu, journaliste économique, observateur attentif de la vie des entreprises

Gérard Negreanu

Ex-rédacteur en chef de La Vie Financière (Groupe Expansion), Gérard Negreanu nous a quittés le 21 mai 2019. Ce passionné d’information a consacré toute sa carrière à la presse magazine qu’il affectionnait particulièrement. Après des débuts dans une revue de design « Créer » (publiée par le groupe Paris Match), Gérard Negreanu a successivement occupé des fonctions de rédaction en chef au sein de titres comme « Jeune Afrique Economie », « Médias », « La Vie Française » (devenue « La Vie Financière »), « Réponse à Tout-Argent »… Il s’intéressait à la vie des entreprises, les grandes, cotés en Bourse, comme les moyennes et petites entreprises indépendantes, souvent qualifiées de « belles valeurs ». Au cours des dernières années, il avait suivi avec attention et perspicacité le monde du mécénat, participant notamment aux rencontres et événements d’Admical, l’association de promotion du mécénat d’entreprise fondée par Jacques Rigaud (ex-RTL).

Confrère et ami, Gérard Negreanu nous faisait bénéficier de son expérience éditoriale; il avait contribué plusieurs fois aux rubriques de Consulendo. Nous vous proposons de lire ou de relire ci-dessous un des articles qu’il avait rédigé à l’issue des 21èmes Assises du Mécénat tenues au printemps 2013 en présence de nombreuses personnalités :

PME et mécénat : ça marche!

Les PME étaient particulièrement courtisées au cours de ces vingt-unièmes  Assises d’Admical. Et pour cause. Elles représentent 90% des entreprises mécènes en France et près de 50% du budget global du mécénat (1). Ces petites et moyennes entreprises étaient, jusqu’à présent, mécènes en toute discrétion. Mais, elles sortent du bois et n’ont plus peur de le faire savoir. Et de se regrouper – même si localement elles peuvent se retrouver en concurrence.

Comme le souligne Stéphane Martinez, président de la fondation, Mécènes et Loire qui fédère vingt quatre entreprises de la région d’Angers et qui, n’est pas peu fier de mobiliser un million d’euros sur cinq ans pour financer des projets culturels ou sociaux dans sa région. Ou encore Marc de Mol, directeur de l’Intermarché de Villeneuve-les Salines et responsable de la fondation « Fier de mon quartier » regroupant elle aussi une dizaine d’entreprises locales. Pour lui et ses collègues, le seul bénéfice de leur mécénat « est humain, donc inestimable ». Ce que confirme Michel Larue, président de Mecen’Act Basse Normandie qui dirige un club d’entreprises hébergé par la fondation du Crédit Coopératif.

Quant à Christophe Praud, président du Centre des jeunes dirigeants d’entreprises, et président du Cercle Jean Mersch, fonds de dotation du CJD, il assure : « Alors qu’on se trouve dans une situation économique difficile, on aurait pu penser que les investissements en mécénat des PME allaient fondre comme beurre en poêle. Et que la philanthropie, c’était bien, quand tout allait bien … C’est l’inverse qui se passe. Les investissements augmentent. Pourquoi ? – Tout simplement parce que les PME ont compris que le mécénat était une chance pour le développement de leur territoire ».

(1) NDLR: De 2010 à 2016, selon les chiffres du ministère des Finances, le nombre d’entreprises ayant déduit fiscalement des dons au titre du mécénat a été multiplié par 2,5 –  passant de 28 000 à 73 500. En 2017, le nombre d’entreprises mécènes atteindrait les 82 000. Admical estime à entre 3 et 3,6 milliards d’euros le montant annuel des actions de mécénat réalisées par des entreprises.

>>>Lire la suite de l’article de Gérard Negreanu

  • Notre sélection du mois de mai 2019 :

L’Europe, notre avenir

 

Comme d’habitude, les élections européennes passionnent peu les Français. Malgré la réforme ayant conduit à proposer aux suffrages des listes nationales – au lieu de régionales – pour une meilleure lisibilité de ce scrutin à la proportionnelle… Pourtant le choix ne manque pas avec 34 listes en compétition!

L’Union Européenne conserve dans les esprits l’image une institution lointaine et bureaucratique. Cependant 80% de nos lois nationales ne sont que des transpositions de directives européennes. Dans un monde multipolaire et face à des géants (USA, Chine, Japon, Corée, Russie, Inde…), les nations européennes pèsent peu isolément : l’Union est le seul moyen de pouvoir défendre nos valeurs et nos priorités. Face à des enjeux planétaires comme l’écologie, l’énergie, l’immigration, le développement, l’Europe est le bon niveau pour espérer avoir une influence.  Mais, malgré des politiques communes, malgré les coopérations, malgré l’Euro… l’Union européenne a encore beaucoup de progrès à faire sur la voie d’une meilleure coordination de ses actions et de ses priorités pour peser réellement sur la marche du monde..

Côté entreprises, nos PME profitent encore insuffisamment de ce vaste espace commun de 510 millions de consommateurs, leur marché restant principalement hexagonal. Pourtant elles auraient intérêt à initier des coopérations transfrontalières avec les 25 millions de PME européennes qui génèrent 67% de l’emploi privé au sein de l’Union. Nous écrivions cela il y a deux ans à l’occasion du soixantième anniversaire du Traité de Rome passé quasiment sous silence dans l’Hexagone.

Or il existe, au niveau européen, de nombreux dispositifs favorables que nos PME TPE ne connaissent pas bien ou pas du tout : tels le programme « COSME » (2014-2020) doté d’un budget de 2,3 milliards d’euros, destiné à renforcer la compétitivité des PME et leur internationalisation, ou l’ « EaSI », dispositif de soutien aux micro-entrepreneurs et aux PME de l’économie sociale et solidaires… Ou encore,  un programme Erasmus pour les créateurs d’entreprise! Sans oublier l’action de la Banque européenne d’investissement (BEI) dont le siège est au Luxembourg et que dirige un Français. Plus de 25% de ses financements vont aux PME de l’Union : via des banques commerciales (ou des fonds d’investissements) avec lesquelles elle a passé un accord, la BEI accorde ses concours financiers à des conditions avantageuses et soutient aussi des structures qui accordent des micros-crédits, des prêts d’honneur ou des garanties, telles l’ADIE ou Initiative France…

>>>Lire notre article de mai 2017  « L’Europe, notre histoire, notre avenir »

 

  • Notre sélection du mois d’avril 2019 :

L’emploi ne tombe pas du ciel!

Le nombre de chômeurs (en recherche d’emploi) se maintient durablement depuis des années au dessus de 3 millions, mais le chiffre total des personnes éloignées de l’emploi dépasse les 6 millions (recensés par la Dares)…

Crédit photo : Joffi – courtesy of Pixabay

On entend souvent dans les médias le sophisme suivant : « Il faut un taux minimum de croissance pour créer de l’emploi… ». En réalité, c’est aussi l’embauche qui génère de la croissance. Lorsqu’une entreprise embauche et investit, crée de nouvelles offres, distribue des revenus, tout cela crée de la richesse supplémentaire et donc de la croissance économique, laquelle à son tour va générer de nouveaux emplois …

Le travail des uns crée l’emploi des autres : il ne se partage pas, il se multiplie !

Comme nous l’avons souvent écrit sur Consulendo , la croissance n’est que la résultante d’une chaîne de millions de micro-décisions prises par les acteurs économiques : investissement, embauches, innovation, achats, dépenses de consommation, prospection de nouveaux marchés, publicité …

Ainsi, ce n’est pas la croissance qui est à l’origine de l’emploi, mais plutôt la somme dune myriade de décisions et de choix par chaque acteur économique dont la conjugaison accroît la création de richesse globale.

Un grand nombre de Français continue à attendre de la puissance publique qu’elle résolve le problème du chômage.  Subsiste dans l’inconscient collectif, ce fantasme des « ateliers nationaux », des grands travaux publics qui fourniraient du travail à tout le monde… Beaucoup de compatriotes se tournent vers le président  ou le gouvernement comme dans l’Ancien Régime les sujets voyaient dans le roi un thaumaturge guérisseur des écrouelles… 

Ce fantasme est si solidement ancré dans notre culture que même un ancien président de la République s’était fixé comme objectif « d’inverser la courbe du chômage »…

N’attendons pas des politiques ce qu’ils ne peuvent pas nous donner ! Si l’argent public créait le plein emploi, la France aurait éradiqué le chômage depuis longtemps … vu que la part des dépenses publiques sur le PIB (la production richesse nationale) y est une des plus élevée au monde (56%) !

Les politiques n’ont pas de baguette magique pour créer des emplois.
Ce sont d’abord les acteurs économiques, les entreprises, les créateurs, les inventeurs, les investisseurs qui sont à la source de l’emploi. 

En revanche exigeons de nos élus qu’ils créent un environnement législatif, fiscal et réglementaire favorable à l’épanouissement de toutes les initiatives privées et à la création de richesse. (Publié en avril 2014)

  • Notre sélection du mois de mars 2019 :

Rêvons d’une France aux 20 millions d’actionnaires individuels!

Fernand Léger – Tapisserie d’Aubusson

La Loi PACTE, actuellement en discussion au Parlement, veut encourager l’intéressement et l’actionnariat des salariés, afin de « partager les fruits de la performance au sein des entreprises »… C’est un objectif tout à fait louable, qui mérite d’être soutenu, mais il y a du chemin à parcourir avant de réconcilier les Français avec le Capital!Les gouvernements de gauche qui se sont succédé au pouvoir depuis mai 1981 auraient dû pourtant être les premiers à encourager et soutenir un large actionnariat « populaire ». Ceci pourrait constituer les bases d’une vraie « démocratie sociale » (une action, une voix!) et faire évoluer la gouvernance de nos entreprises, à l’instar de la « co-gestion » à l’allemande…

Dans un article paru sur Consulendo en novembre 2016, nous rêvions d’une France aux 20 millions d’actionnaires individuels… Parmi les freins, nous pointions la diabolisation du « capital » par nos élites intellectuelles, les changements constants de la fiscalité, la stigmatisation des « possédants » par une bonne partie de la gauche française et des syndicats, l’aversion culturelle de notre société au risque … Autant de facteurs qui ont dissuadé jusqu’à présent le développement d’un actionnariat populaire.Or ceux qui stigmatisent le capital et ne pensent qu’à le surtaxer, sont souvent aussi les mêmes qui se lamentent de voir nos belles entreprises innovantes et de croissance passer sous le contrôle d’investisseurs étrangers…

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    • Notre sélection du mois de février 2019:

     

    « Vivre de son travail »…

     

    Les « Gilets jaunes » ont  quelque peu éclipsé la mémoire des « Bonnets rouges », un mouvement de révolte qui a mené des séries d’actions de protestation en Bretagne à l’automne 2013, en réaction à la fiscalité sur les transports routiers et aux fameux « portiques » à éco-taxe, ainsi qu’en réaction à des plans sociaux dans l’agroalimentaire. La mobilisation de salariés et de dirigeants de PME de l’agroalimentaire, d’agriculteurs, de TPE et d’indépendants, a contraint le gouvernement de l’époque à engager une réforme fiscale et à proclamer un « Pacte d’avenir pour la Bretagne »… Déjà, l’une des revendications de ces « Bonnets rouges » était de « pouvoir vivre décemment de son travail »… Un slogan qui fait écho à un des premiers cris de révolte poussés par les « Gilets Jaunes », avant que leur mouvement ne dérive dans des actions anarchistes ou violentes… Dans cette chronique publiée en sur Consulendo en novembre 2013, nous écrivions notamment :  « La plupart des manifestants bretons ne demandent pas de privilèges ou de prébendes, ils veulent simplement pouvoir vivre de leur travail … Cette demande, on ne peut plus légitime, est partagée par de nombreux Français, soit parce qu’ils sont victimes d’un chômage de longue durée, soit parce qu’ils sont des « travailleurs pauvres » (…) Le poids croissant des cotisations sociales, des prélèvements obligatoires, des impôts et taxes locales, combiné à celui des dépenses contraintes (téléphone, eau, gaz, électricité, transports …) a atteint un tel niveau que de nombreux Français, pourtant en activité, n’arrivent plus à joindre les deux bouts… »

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    • Notre sélection du mois de janvier 2019:

     

    La démocratie représentative remise en cause par la démocratie d’opinion

    Les « Nuits debout » en 2016,  et les « Gilets jaunes » depuis quelques mois revendiquent l’extension du domaine de la « démocratie directe », en se présentant comme les authentiques porte-parole du Peuple…

    Ce conflit de légitimité avec la démocratie représentative, telle qu’elle fonctionne depuis plus de deux siècles dans les pays occidentaux (et quelques autres pays dans le monde), conduit insidieusement à une sorte de paralysie chronique de nos institutions entre deux élections.
    Un gouvernement démocratiquement élu, se trouve rapidement confronté à des demandes contradictoires émanant de la société civile. La puissance de diffusion des réseaux sociaux donne encore plus d’assise au règne de la démocratie d’opinion. Ce conflit de légitimités oblige les élus à édulcorer tout projet de réforme ambitieuse, à rechercher le plus petit dénominateur commun entre les revendications des minorités agissantes et les attentes de la « majorité silencieuse »…
    Cet antagonisme rampant entre deux sources de légitimité, n’entraîne-t-il pas à une forme d’impuissance des dirigeants et ne nourrit-il pas la défiance actuelle à l’égard des élites? (article paru au mois d’août 2016)

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    • Notre sélection du mois de décembre 2018 :

    Il faut refonder le « consentement citoyen à l’impôt »!

    La révolte des « Gilets Jaunes » a d’abord démarré sur l’expression d’un ras-le-bol fiscal… Et on attend toujours une « remise à plat » de notre fiscalité, toujours repoussée au lendemain…

    Les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis quinze ans ont usé et abusé jusqu’à l’extrême de l’arme fiscale. Ajoutant de nouveaux impôts, de nouvelles taxes (en supprimant très peu !), compliquant à l’envi les textes existants et créant une instabilité fiscale qui a fini par paralyser l’activité économique et découragé toutes les velléités d’investissement à risque…
    En 2017, le premier des « grands travaux » du futur gouvernement de la France devrait être de s’attaquer en priorité à l’Hydre fiscale. Dans le but de refonder le consentement citoyen à l’impôt tel que l’avaient défini les pères fondateurs de la République… (septembre 2016)

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  • Notre sélection du mois de novembre 2018 :

    Isaac Getz : « L’entreprise libérée? Ça marche! »   

    Isaac Getz

    Professeur à l’ESCP Europe (ex-Supdeco Paris), Isaac Getz est le promoteur en France de « l’entreprise libérée », une démarche de transformation radicale à l’œuvre dans plusieurs pays. Plutôt que de parler d’« entreprise libérée », formule qui s’est imposée dans les esprits, l’auteur préfère d’ailleurs dans son dernier ouvrage mettre l’accent sur le « leadership libérateur », car il estime qu’ « il est de la responsabilité du dirigeant d’initier et d’engager la transformation de son organisation. » A la différence de nombreux « manuels » de management qui se présentent comme une « boîte à outils » pour managers, Isaac Getz a  choisi de « réunir des textes (…) qui ont inspiré nombre de patrons devenus des ‘leaders libérateurs’, qui leur a permis de comprendre la philosophie de l’entreprise libérée et de concevoir leur propre aventure – l’épreuve – que constitue toute démarche de libération. »   (article paru fin 2016)

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