Économie de proximité : atouts et fragilités des petites entreprises dans une conjoncture incertaine

Les petites entreprises de l’économie de proximité font partie des « invisibles » : elles se fondent tellement dans le paysage quotidien de nos villes et de nos campagnes qu’on finirait par les oublier… Ancrées dans les territoires, créatrices d’emplois non-délocalisables, ces entreprises à taille humaine contribuent au lien social, apportent des services indispensables. Elles ne sont pas toujours appréciées à leur juste valeur, pour leur rôle économique et social pourtant irremplaçable.  Elles se considèrent parfois comme les oubliées des politiques publiques… Une étude de l’Institut Terram les met à l’honneur. Les crises et chocs de ces cinq dernières années ont mis ces petites structures à rude épreuve. Elles sont agiles, mais fragiles. Elles s’activent pour survivre dans une conjoncture lourde d’incertitudes et de nouvelles épreuves.

 

crédit photo : Anastasia Gepp – Pixabay

On dénombre 3,705 millions d’entreprises intervenant dans « l’économie de proximité »; elles emploient près de 4,2 millions de salariés, selon l’U2P (Union des entreprises de proximité).

Qui sont-elles ?

Elles s’activent dans l’artisanat, le commerce, l’hotellerie-restauration; des épiceries, salons de coiffure, agences immobilières, fleuristes, cavistes, taxis, livreurs, ambulances, réparation automobile, gardiennage, services aux personnes,  professions libérales… Celles-ci représentant d’ailleurs près de la moitié du total de ces entreprises, et pour partie exerçant dans les professions de santé.

« Économie du quotidien »

Pour faire simple, ce sont des entreprises ou des professionnels avec lesquels on entre en contact de façon fréquente, ce sont les entreprises de « l’économie au quotidien »!

Au point qu’on finit par ne plus les voir, qu’on a tendance à sous-estimer leur contribution précieuse au bon fonctionnement de l’économie, au bien-être individuel et collectif, au lien social, à la création de richesse et d’emplois…

Ces entreprises de proximité regroupent:

  • D’une part, des travailleurs indépendants (i.e. non-salariés, travaillant principalement en solo) qui représentent les trois-quarts de ces entrepreneurs de la proximité : ils sont près de 2,7 millions en incluant les micro-entrepreneurs.
  • D’autre part, 958 000 entreprises qui emploient au total 4,2 millions de salariés, soit 22% des salariés du secteur privé.

En outre, celles-ci forment un tiers des apprentis en France!

Ces entreprises se caractérisent par un fort ancrage régional : 59% des entrepreneurs travaillent dans la commune où ils résident. Ce taux monte même à 66% pour les artisans du BTP!

Les entreprises de proximité participent directement à la vitalité des centres-villes ( et on s’en rend compte a contrario dans les communes qui ont perdu plusieurs commerces et agences de services dans leur cœur de ville…)

crédit photo : Sulox32 – Pixabay

Une dynamique continue de création d’emplois dans les territoires

L’Institut Terram, un groupe de réflexion multidisciplinaire dédié à l’étude des territoires, a publié cet été une étude de fond qui donne un éclairage très pertinent sur ces TPE de la proximité : « Très petites entreprises : une force économique pour le développement des territoires » (juillet 2024).*

Cette étude très documentée se focalise sur les entreprises employeuses de 1 à 9 salariés (en excluant donc de son champ les micro-entrepreneurs/auto-entrepreneurs) :  soit 1,2 million d’entreprises (sur la foi des données de la DARES), représentant 82,1 % des entreprises employeuses en France.

Sur-représentées dans l’économie de proximité, dans les activités de nature « présentielle »ancrées dans les territoires, créatrices d’emplois, alors que les grands groupes délocalisent, ces TPE jouent, selon Terram, « un rôle amortisseur des chocs dans les économies locales. »

Présentes en grand nombre dans le commerce, les transports, l’hébergement-restauration, la construction, ou les activités culturelles et de loisirs, « elles sont en revanche deux fois moins importantes en proportion dans l’industrie manufacturière, plus capitalistique, ou dans les secteurs de la santé, de l’action sociale et de l’éducation. Strictement indépendantes ou insérées dans de puissants réseaux de franchises, elles prédominent nettement dans les métiers de l’artisanat (bâtiment, coiffure, cordonnerie, réparation…), les secteurs du bien-être, les agences immobilières, les professions libérales, les prestations de services… »

Terram souligne leur contribution notable à la création d’emplois dans les territoires et à la « régénération permanente des chaînes de valeur ».

« La part des TPE dans l’emploi local est deux fois plus élevée dans les espaces de faible densité (petites villes, ruralités) que dans les grandes agglomérations… »

 

Selon Terram, la contribution des TPE à la création d’emplois doit être appréciée de façon dynamique, en terme de « flux » et non en terme de « stock »: en effet, la part de ces TPE dans le flux des créations d’emplois salariés est bien supérieure à leur part dans le stock total des emplois. Car il faut prendre en compte l’évolution de ces entreprises dans la durée : en grandissant, elles vont changer de taille, franchir des seuils, devenir des PME, ou même des ETI, ou bien s’associer ou se faire absorber par un groupe.  Ainsi, ces TPE « disparaissent des statistiques mais leur énergie entrepreneuriale se perpétue à l’intérieur d’entités plus vastes. »

« Le succès commercial, la réussite d’une mise sur le marché d’un produit, d’un service, d’une technologie, assurent ces changements de format… Le système productif s’appuie sur ces entreprises pour sa propre régénération cellulaire. (…) Cet « effet de noria » marque la réorganisation du tissu productif national. »

 

L’étude Terram reconnaît toutefois que la typologie de ces TPE est « extrêmement hétérogène », avec « des modèles économiques très contrastés ».

Ainsi, un grand nombre de ces TPE « s’inscrivent dans un projet entrepreneurial autolimité, dont la vitesse de croisière est assez vite atteinte en termes d’effectifs. Restaurants, agences immobilières, épiceries, concessions ou garages automobiles, salons de coiffure, cabinets médicaux… sont par exemple des entités qui se stabilisent rapidement dans leur modèle d’affaires et leur format. Leur volume d’activité et leur propension à recruter sont largement tributaires de la propension locale  des habitants à consommer et du pouvoir d’achat des résidents de leur territoire… »

D’un autre côté, des TPE qui connaissent une croissance rapide ont vocation à changer d’échelle ou à « rejoindre un grand groupe pour étendre leur pouvoir de marché ou déployer une innovation… »

Beaucoup de success-stories ont démarré sous forme de TPE de quelques personnes autour du créateur, avant de grandir par croissance organique, rachat de concurrents, entrée éventuelle en Bourse ou fusion dans un grand groupe. Mais ces « gazelles » ne représentent pas le gros des effectifs des entreprises de proximité.

crédit photo : Mohamed Hassan – Pixabay

L’essor des franchises et des entreprises en réseau

L’étude Terram note le développement remarquable des réseaux d’entreprises et des entreprises organisées en réseau (franchise, commerce associé coopératif), un modèle d’organisation largement éprouvé : il permet de combiner croissance et dimension humaine, en donnant à des entrepreneurs indépendants la capacité de bénéficier des moyens et des outils d’un grand groupe, grâce à l’affiliation à un réseau, à une marque fédérative.

« L’essor considérable connu par les franchises au cours des trente dernières années permet de combiner l’indépendance du dirigeant d’entreprise avec le pouvoir de marché d’une enseigne : environ 2 000 réseaux, représentant plus de 450 000 emplois et 88 milliards d’euros de chiffre d’affaires, maillent aujourd’hui les territoires dans la plupart des secteurs d’activité : alimentaire, immobilier, bien-être et beauté, optique, réparation, location, campings, cavistes… Apportant professionnalisation et services supports aux entrepreneurs, le système de franchise s’apparente à une forme de concentration mais tempérée par le maintien d’un statut juridique d’indépendant pour le chef d’établissement ou l’existence d’une société autonome. »

Malgré leurs atouts, les petites entreprises ont des limites

Les TPE ont les qualités et les défauts de leur taille : elles sont agiles, créatives, réactives… mais elles sont limitées dans leurs moyens et ressources propres, notamment financières.

« Les TPE présentent des avantages évidents en termes d’agilité et de vitesse d’adaptation. Elles sont souvent appréciées pour la proximité et la relation directe qu’elles établissent entre dirigeants et salariés. Les niveaux hiérarchiques et le formalisme bureaucratique y sont faibles. En contrepartie, les TPE ne peuvent assurer des progressions de carrière. Elles sont trop restreintes pour pouvoir s’attacher certaines compétences en interne (agent commercial, comptable, informaticien…), ce qui leur impose une certaine polyvalence, le recours à des prestataires ou à des solutions mutualisées entre pairs. Elles souffrent parfois d’une trésorerie fragile, exposée à des délais de paiement incertains, et d’une insuffisance de fonds propres. (…)

Terram souligne que « l’accès des TPE à la commande publique ou aux différents dispositifs financiers d’accompagnement reste encore inégal et leurs difficultés de recrutement brident leur potentiel » de développement…

Pour attirer talents et compétences indispensables aujourd’hui, les TPE sont en concurrence avec des ETI et des grands groupes en position de proposer aux nouvelles recrues des avantages sociaux et des rémunérations plus alléchantes.

Les propositions de l’institut Terram

Terram recommande une politique de soutien ciblée aux TPE, des mesures adaptées, décentralisées au plus près du terrain : « Les TPE doivent encore faire l’objet de véritables stratégies structurées. »

Parmi les mesures préconisées :

  • décentraliser les programmes d’acompagnement aux TPE, qu’ils soient nationaux ou européens;
  • déverrouiller l’accès à la commande publique : Terram suggère d’activer des plans d’accès des TPE à la commande publique, notamment grâce à des  » plateformes numériques simplifiées ou des marketplaces accessibles (pour) faciliter le référencement des TPE »;
  • enrichir les offres de services-supports :  les lieux d’implantation (Z.A., pépinières, hôtels d’entreprises…) devraient proposer des bouquets de services mutualisés (transports, logistique, crèches et restaurants interentreprises, très haut débit, etc.)
  • favoriser les partenariats entre les TPE et des entreprises plus grandes, PME, ETI, grands groupes (parrainages, programmes de R&D collaboratifs, mécénat de compétences…) « dans des logiques d’écosystèmes territoriaux » (on devrait s’inspirer du succès des « districts » productifs italiens – NDLR).
* « Très petites entreprises : une force économique pour le développement des territoires » – Auteur de l’étude pour l’institut Terram : Nicolas Portier, consultant indépendant et enseignant au sein de l’École urbaine de Sciences-Po.

 

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crédit illustration : Mohamed Hassan – Pixabay

Les salons de coiffure, des entreprises de proximité par excellence qui peinent à recruter…

Avec plus de 100 000 établissements, le secteur de la coiffure occupe le 2ème rang des activités artisanales (après les entreprises de la construction). La profession regroupe près de 180 000 actifs, dont 108 900 salariés et 21 600 apprentis, selon l’UNEC, Union nationale des entreprises de coiffure.
Près de 9 Français sur 10 (86% des répondants) considèrent le coiffeur comme un commerçant de proximité indispensable à leur quotidien, révèle un sondage IFOP réalisé en 2024 à la demande du groupe Provalliance, leader mondial de la coiffure (Franck Provost, Jean Louis David, Saint Algue, etc.), auprès d’un échantillon représentatif de la population française. Plus de trois sondés sur cinq estiment que le métier de coiffeur incarne un véritable savoir-faire français, qui nécessite une expertise à part entière. Cependant, la coiffure a du mal à recruter et à attirer les jeunes; parfois des centres de formation d’apprentis (CFA) doivent fermer faute de candidats… C’est un défi crucial pour ce secteur de proximité!

 

 

Sur ce sujet lire aussi nos précédents articles :

Le commerce de proximité a de l’avenir

Le bel avenir des services aux personnes

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Des TPE fortement éprouvées depuis cinq ans par une succession de crises et de chocs…

On les dit résilientes, on loue leur capacité d’adaptation et de rebond face à l’adversité… mais jusqu’à quand?

Les TPE et les PME, et en particulier les artisans et commerçants de centre-ville, sont confrontés depuis 2019 à un enchaînement fatal de crises et de chocs : manifestations et occupations des Gilets Jaunes, grèves contre la première réforme des retraites, Covid-19 et confinements, Guerre en Ukraine, flambée des prix de l’énergie et des matières premières, regain de l’inflation, hausse des taux d’intérêt, dissolution de l’Assemblée nationale et élections anticipées…

Résultat, les chiffres d’affaires fluctuent en dents de scie, les trésoreries se tendent, les délais de paiement s’allongent, les marges bénéficiaires se réduisent, les dépôt de bilan augmentent ( 86 % des entreprises défaillantes comptent moins de cinq salariés, selon le cabinet spécialisé Altares) …

Sans oublier ces chefs d’entreprise épuisés qui finissent par jeter l’éponge et ferment volontairement leur entreprise, sans même rechercher une solution de cession-transmission…

Ainsi le SDI (Syndicat des indépendants) estime que 63 000 TPE ont fermé leurs portes et « plus de 250 000 ont cessé volontairement leur activité. »

Dans sa dernière enquête (réalisée entre le 26 septembre et le 2 octobre 2024 auprès de 1 790 TPE), le SDI souligne le « découragement » des dirigeants de petites entreprises pour 86% d’entre eux.

55% des TPE font état des difficultés de trésorerie, « la situation est plus critique encore pour celles et ceux qui ont un PGE (prêt garanti par l’État) en cours de remboursement… »

En parallèle, l’accès au crédit bancaire se révèle plus difficile, notamment pour l’obtention de crédits de trésorerie ou de découverts.

Rémunérations dégradées. Le SDI souligne un point rarement évoqué dans le débat public : dans les crises et les difficultés conjoncturelles, c’est la rémunération de l’entrepreneur indépendant qui sert de variable d’ajustement!

crédit photo : Pixabay

« La baisse du niveau de leur rémunération est le premier levier utilisé par les responsables de TPE pour améliorer leur trésorerie… » (SDI)

 

 

Défaillances en forte hausse. Sur les douze derniers mois, près de 64 500 entreprises ont défailli, selon BPCE- L’Observatoire, soit un plus haut niveau depuis au moins 2009. (Une augmentation de +24% par rapport à 2019). « Cette évolution met en évidence une forme de ‘rattrapage’ des défaillances évitées de 2020 à 2022 et confirme certains signaux d’alerte déjà perceptibles antérieurement », selon Alain Tourdjman, directeur des études économiques de BPCE, et Julien Laugier, économiste à BPCE. Alors que les défaillances de PME-ETI se maintiennent à un niveau élevé, mais semblent se stabiliser, « les TPE employant 3 à 9 salariés connaissent un surcroît de défaillances de 32 % par rapport à 2019 (un rattrapage partiel des défaillances évitées entre 2020 et 2022).
« Les micro-entreprises et les plus petites TPE (sans salarié, ou employant 1 ou 2 salariés) connaissent une nette accélération des défaillances (+19% sur les 12 derniers mois par rapport à 2019) alors qu’elles étaient jusque-là moins concernées par la hausse globale. »

 

Le dernier Baromètre Fiducial réalisé en septembre-octobre 2024* auprès des TPE de moins de 19 salariés, confirme l’inquiétude des dirigeants face à une conjoncture incertaine et au risque de voir baisser leur activité.

77 % des dirigeants de TPE se disent pessimistes quant au climat général des affaires en France, soit 10 points de plus en l’espace d’un an. « Il faut remonter à 2016 pour atteindre un tel niveau de pessimisme », souligne Fiducial :

« Plus de quatre dirigeants sur dix anticipent un ralentissement de l’activité de leur entreprise dans les mois qui viennent (44 %), tandis qu’un tiers d’entre eux craignent une potentielle augmentation des prix et la résurgence des tensions sociales (33 %). S’en suivent un ralentissement des investissements (18 %) et une hausse du coût du travail (17 %). »
* 77ème vague du Baromètre Fiducial de conjoncture  des TPE, enquête trimestrielle menée par l’IFOP pour Fiducial auprès de 1 006 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés, incluant des auto-entrepreneurs, entre le 16 septembre et le 7 octobre 2024.

Petite éclaircie dans ce baromètre morose : 36 % des dirigeants de TPE déclarent rencontrer des difficultés financières, soit un point de moins que le trimestre précédent; et la part de dirigeants confrontés à des difficultés financières importantes pouvant conduire au dépôt de bilan ou à la cessation de leur activité, est en baisse de 7 points (43 % cet automne contre 50 % en juin 2024).

Le budget 2025 de l’État inquiète les entrepreneurs

La situation critique des finances publiques du pays et les perspectives de hausses d’impôts et de réduction des exonérations fiscales/sociales (notamment sur les bas salaires) inquiètent les dirigeants d’enteprise.

Un climat d’incertitude qui pèsera inévitablement sur les décisions d’investissement et d’embauches…

Selon le SDI, « si un certain nombre de professionnels préfèrent ne pas avoir de salariés, le niveau des charges sur les salaires reste le premier frein à l’embauche. Le projet du gouvernement de revoir les aides sur les bas salaires risque d’avoir un impact significatif sur la masse salariale des TPE. Dans un contexte de très faible croissance, des ajustements seront sans aucun doute nécessaires, soit sur les prix, soit sur le nombre de collaborateurs » : 65% des personnes interrogées par le SDI déclarent ne pas être en capacité d’assumer une hausse de 2% de leur masse salariale.

L’Union des des entreprises de proximité, U2P, s’inquiète aussi des éventuelles suppressions d’exonération de charges salariales et de la réduction des aides à l’apprentissage; elle se déclare « outrée de cet acharnement contre les petites entreprises auxquelles on veut par ailleurs imposer une augmentation des charges sociales, un plus large assujettissement des salaires des apprentis aux charges sociales et une augmentation de la prise en charge des arrêts de travail… »

Dépensez moins et taxez moins!

De leur côté, la présidente de CroissancePlus, Audrey Louail, et la présidente du mouvement Ethic, Sophie de Menthon, avec l’appui d’autres organisations entrepreneuriales telles que le METI, ont lancé une pétition pour dénoncer « l’incurie budgétaire de l’État » qui obère le « pouvoir d’achat des salariés et l’avenir de nos entreprises ».

Les signataires interpellent les pouvoirs publics en ces termes : « Ce n’est pas aux entreprises et aux salariés de payer encore l’addition mais bien à l’État de faire preuve de courage politique pour mettre fin à cet engrenage par des réformes de structure. » Et d’exiger « un plan détaillé de réformes de l’État, des collectivités et de la Sécurité Sociale, un calendrier clair, des objectifs ambitieux et des indicateurs de suivi. » Car poursuivent les signataires, « Nous pensons qu’il est possible de dépenser moins, de taxer moins et de rendre un meilleur service aux Français. »

J.G.