L’ Amérique de Donald Trump annonce-t-elle un nouvel âge d’or pour les magnats des « Big-Tech »? Le président élu a déjà promu un de ses supporters, l’homme d’afffaires Elon Musk, à la tête d’un ministère de « l’efficacité gouvernementale ». Ce multi-entrepreneur milliardaire règne sur des activités stratégiques : fusées, satellites, voiture électrique, réseau social X (ex-Twitter)… Quant aux fameux Gafam (Google, Apple, Facebook-Meta, Amazon et Microsoft), ces colosses de l’Internet et des High-Tech accroissent leur influence internationale et confortent leur leadership en matière d’intelligence artificielle. Malgré la contestation et les oppositions croissantes que suscite leur position hégémonique et conquérante… Aux Etats-Unis, les autorités anti-trust voudraient démanteler certains de ces mastodontes. L’Union Européenne a pris des mesures ambitieuses pour les encadrer. Dans un essai très documenté, la journaliste économique Christine Kerdellant alerte sur l’abus de position dominante de ces oligarques devenus plus puissants que des États… *
* « Ces milliardaires plus forts que les États » – Editions de l’Observatoire – 2024 (voir infra)

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De l’Internet libre au capitalisme de plateformes…
L’essor mondial de l’Internet amorcé, au début des années 1990, grâce à une poignée d’inventeurs de la Silicon Valley en Californie, avait fait naître l’utopie d’une nouvelle « économie du partage », reposant sur « l’Open Source« , où la coopération et l’échange gratuits rendraient la vie quotidienne de chacun plus facile, plus « fun », et le monde meilleur… Les « autoroutes de l’information » apporteraient bonheur et concorde universelle à l’humanité!
Trois décennies plus tard, cette promesse généreuse a débouché sur un « capitalisme de plateformes » dominé par des firmes géantes, disposant d’énormes moyens financiers et capables d’imposer leurs standards au monde entier (ou presque).
De sympathiques start-up innovantes et audacieuses, surfant sur les nouvelles technologies du numérique, du virtuel et des télécoms, se sont muées en conglomérats hégémoniques, absorbant ou éliminant leurs concurrents, pour régner sans partage sur le cyberespace.
Ces colosses américains des « Big-Tech » ont réussi la prouesse de rendre leurs solutions, leurs logiciels, leurs réseaux et leurs plateformes indispensables à la vie quotidienne, comme à l’activité économique d’une part croissante de l’humanité.
En plus, la masse gigantesque d’informations que leurs plateformes en ligne collectent sur chacun de nous, nos usages, nos préférences, nos besoins – des données (« Data« ) qu’ils monnayent aux annonceurs, aux grandes marques commerciales et prestataires de services -, leur confère un pouvoir d’influence à l’échelle mondiale sans précédent.
Ces seigneurs de l’empire digital ont fait de tous leurs utilisateurs « obligés » des vassaux numériques!
Yanis Varoufakis, économiste et ancien ministre grec, médiatisé lors de la crise de la dette de son pays, n’hésite à parler de « technoféodalisme » dans son dernier ouvrage traduit sous le titre « Les nouveaux serfs de l’économie »…

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Abus de position dominante
Les cinq groupes américains composant les Gafam : Google-Alphabet (Chrome, Android, Youtube), Amazon, Facebook-Meta (Instagram, Whatsapp, Messenger), Apple (iOS, Safari, App Store), Microsoft (Windows, LinkedIn), ont vu leur capitalisation totale dépasser la barre des 10 000 milliards de dollars, soit quatre fois la capitalisation de tout le CAC 40!
En position hégémonique, ils sont devenus le « passage obligé » pour pouvoir utiliser les applications et services de l’Internet… L’Union européenne les qualifie de « contrôleurs d’accès » car ils placent les consommateurs et les entreprises dans une dépendance quasi-absolue à leur égard. L’Europe veut encadrer plus strictement l’activité de ces oligopoles et les menace de sanctions.
Vers une scission de Google?
Au pays de la libre concurrence, les autorités anti-trust des États-Unis essaient depuis des années de « casser » le monopole de ces géants. Mais la tâche semble beaucoup plus ardue et complexe que lorsqu’il s’est agi, au début du 20ème siècle, de « découper » en trente-quatre unités indépendantes la toute-puissante Standard Oil de John D. Rockfeller…
Toujours est-il que le 20 novembre 2024, le ministère américain de la Justice a ordonné à Google de céder son navigateur Chrome, le plus utilisé au monde. Il veut aussi interdire à Google d’imposer aux opérateurs de téléphonie l’utilisation par défaut de son moteur de recherche, et empêcher son système d’exploitation pour mobiles Android de promouvoir ses autres produits. Selon le site StatCounter, cité par Le Figaro, « Google pesait, en septembre, 90% du marché mondial de la recherche en ligne et même 94% sur les smartphones »!
L’Europe réglemente…

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L’Union européenne (UE) a déjà infligé de lourdes amendes à certains de ces Gafam – cependant perçues comme autant de piqures de moustiques sur la carapace épaisse de ces mastodontes!
Sous l’impulsion du commissaire européen (2019-2024) Thierry Breton, l’UE a élaboré, à partir de 2020, des mesures pour réguler les activités de ces géants des « Big-Tech » qu’elle qualifie de “contrôleurs d’accès”, confirmant leur position dominante de « passage obligé » vers l’Internet, ce qui place les consommateurs et les entreprises, notamment les PME, dans une dépendance quasi-absolue à leur égard…
Par ces actions défensives, l’Europe s’est notamment donné comme objectifs de « clarifier les obligations des plateformes en ligne, d’apporter de la clarté juridique et d’assurer des conditions de concurrence équitables aux petites entreprises (…) Mais aussi « de combattre la désinformation et les fausses informations en ligne, tout en préservant la liberté d’expression, la liberté de la presse et le pluralisme des médias. »
Vaste programme!
Comme pour dire Halte à l’irresponsabilité des grandes plateformes du numérique! deux dispositifs sont récemment entrés en vigueur dans l’Union européenne:
Le Digital Markets Act (DMA), ou règlement sur les marchés numériques et le Digital Services Act (DSA), ou règlement sur les services numériques.
- Le DMA, entré en application le 6 mars 2024, impose aux géants de l’Internet une vingtaine d’obligations et d’interdictions afin d’ouvrir le marché du numérique à la pluralité des acteurs. Ainsi, les grands « contrôleurs d’accès » doivent permettre aux utilisateurs de se désabonner et de désinstaller facilement logiciels et applications; ils ne doivent pas imposer des logiciels par défaut; et rendre les principaux services de messagerie interopérables avec d’autres.
- Le DSA, entré en vigueur en deux temps (25 août 2023 et 17 février 2024), a pour objectif d’encadrer les grandes plateformes de l’Internet et de leur imposer plus de transparence, afin de mieux protéger les internautes européens contre les contenus illicites, dangereux et préjudiciables.
En cas de non-respect de ces obligations, les opérateurs s’exposent à de lourdes amendes de la part de la Commission européenne, calculées sur leur chiffre d’affaire… mondial.

Christine Kerdellant, journaliste économique, essayiste – crédit photo : Dahmane
Dans son essai, « Ces milliardaires plus fort que les États » *, la journaliste économique Christine Kerdellant salue cette initiative de l’Europe : « C’est la première tentative d’une puissance occidentale pour faire respecter des règles de modération des contenus aux toutes-puissantes plateformes américaines. » Une avancée importante afin « de rendre vraiment transparents les algorithmes, notamment les algorithmes de recommandation des plateformes »...
Mais la journaliste tempère : « Ces textes n’ont cependant pas remis en cause leur statut d’hébergeur pour le transformer en statut d’éditeur, ce qui aurait permis de les rendre enfin responsables juridiquement de ce qu’ils publient. Des progrès seront sûrement enregistrés. Les plateformes devront ainsi procéder à une analyse des risques liés à leurs services… »
Elle confie que ces mastodontes de l’Internet sont entourés d’une armada de conseils et d’avocats, qu’ils dépensent des sommes énormes en actions de lobbying, et qu’ils se jouent donc des menaces de sanctions et d’amendes, du haut de leur toute-puissance. « Too big, to fail »?
Favoriser l’émergence de champions européens du numérique
A ses yeux, « la seule vraie solution serait évidemment de créer des champions européens – des « Airbus du numérique » – pour casser notre dépendance aux géants d’outre-Atlantique. Mais c’est un vœu pieux, car de telles créations ne se décrètent pas… L’Europe préfère souvent réguler qu’innover ! L’expérience du moteur de recherche français Qwant, qui n’a jamais dépassé 0,6 % de part de marché, a montré qu’il était impossible, sans innovation technologique majeure et sans une action publique d’envergure à l’échelle du continent, de rattraper l’avance prise par des mastodontes comme Google, en dépit d’un excellent concept marketing. »
Des personnalités comme Gilles Babinet, entrepreneur, expert du numérique, se mobilisent pour inciter les entreprises de notre continent à choisir des solutions numériques européennes quand celles-ci existent (par exemple, le Cloud chez OVH, l’IA générative avec Mistral AI…).
Ainsi, dans le quotidien La Tribune, en septembre 2020, vingt-cinq personnalités de la Tech ont lancé un appel aux entreprises les enjoignant d’affecter plus de 50% de leur budget IT (logiciel, services, cloud et télécoms) à des acteurs français et européens, afin de réduire leur dépendance auprès des GAFAM : « Ne devenons pas des vassaux numériques des GAFAM ! »
Dans son essai, Christine Kerdellant suggère, entre autres, de s’inspirer de l’expérience indienne en matière de commerce électronique : « Face à l’ogre Amazon qui concentre tout sous son toit et rend incontournable le principe du paiement à la livraison, le gouvernement de Narendra Modi bâtit une infrastructure unique, ouverte et interopérable, sur laquelle tous les acteurs du commerce vont pouvoir se brancher. En fournissant gratuitement cette infrastructure, l’Inde entend proposer aux pays du Sud global une alternative à la colonisation numérique américaine »…

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L’Internet ne devrait-il pas être géré comme un « bien commun » de l’humanité ?
Y avoir accès de façon libre et plurielle ne devrait-il pas être inclus dans la liste des droits humains?
Mais quelles instances supranationales pourraient garantir ces droits et les faire respecter face à la toute-puissance de ces colosses des « Big-Tech »?
Une bataille juridique qui promet d’être longue et semée d’embûches pour les démocraties, tant les intérêts économiques, financiers et géostratégiques sont considérables, et parfois antagonistes.
Les États autocratiques, tels la Chine, la Russie ou l’Iran, ont choisi une voie plus radicale en « verrouillant » leur cyberespace et en mettant sous tutelle les opérateurs nationaux…
IA générative : une bataille perdue d’avance pour les Européens ?

crédit image : Pixabay
D’ores et déjà, les défis de l’intelligence artificielle « générative » dessinent un nouveau champ de bataille qui semble perdu pour les Européens face à l’avance des géants US.
Ces champions des réseaux sociaux, du e-commerce, des data, des moteurs de recherche, de la publicité en ligne, sont en train de prendre des positions dominantes en matière d’intelligence artificielle (AI).
Le multi-entrepreneur Elon Musk nourrit de grandes ambitions pour sa société xAI, qui s’appuie sur la masse des données collectées par son conglomérat (X, Tesla, Neuralink, SpaceX…), pour challenger le leadership d’OpenAI (start-up dans laquelle il avait investi à l’origine en 2015), explique Le Figaro.
The winner takes it all !
Pour Christine Kerdellant, eux seuls ont les moyens d’investir des sommes colossales dans ce domaine : « Ils ont la capacité de se doter de GPU (Global Processing Units), des processeurs hyperpuissants indispensables à « l’entraînement » des IA génératives. Des investissements qui se calculent en dizaines de milliards de dollars… Même si les États européens mutualisaient leurs moyens de R&D, ils ne pourraient jamais rivaliser avec les sommes gigantesques investies par les GAFAM dans l’IA ! Ces oligopoles ont pris une telle avance, qu’il paraît difficile de pouvoir les rattraper. Dans la haute technologie, la règle qui s’est vérifiée est que, selon l’adage américain, le premier arrivé rafle la mise : « The winner takes it all » !

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En définitive, n’est-ce pas nous, les consommateurs « addicts », via nos connexions incessantes à l’Internet, en utilisant leurs logiciels, leurs applis, en jouissant des réseaux sociaux, en regardant des vidéos, en écoutant de la musique en streaming, qui confortons chaque jour davantage la toute-puissance de ces colosses des « Big-Tech »?
« Les citoyens consentent à cette mainmise, car comment refuser ce qu’on leur propose gratuitement ? analyse Christine Kerdellant : « de l’information ciblée sur leurs centres d’intérêt, la mise en contact avec des gens qui leur ressemblent, de l’information illimitée en quantité, toujours plus de ce qu’ils aiment ? On ne refuse pas le « bonheur »… même si chacun sait depuis longtemps que ‘si c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit’! »
Les nouveaux maîtres du monde
* « Ces milliardaires plus forts que les États » de Christine Kerdellant
Éditions de L’Observatoire – 284 pages – 2024 (extraits)

© éditions de L’Observatoire – 2024
« Ils sont six, tous américains, et ils sont planétaires, hors d’atteinte des collecteurs d’impôts et des régulateurs. Leur richesse personnelle dépasse l’entendement : 50, 100, 150 milliards, au gré des humeurs de la Bourse. Ils disent qu’ils veulent sauver le monde, mais la pandémie de Covid les a surtout enrichis.
« Même lorsque leurs actions perdent de la valeur, ils pèsent toujours plus lourd que la plupart des États de la planète…
« Leur nom ? Elon Musk (SpaceX, Starlink, Tesla, X), Jeff Bezos (Amazon), Marc Zuckerberg (Facebook-Meta), Bill Gates (Microsoft), Sergueï Brin et Larry Page (Google-Alphabet). (…) Ces six milliardaires occidentaux prospèrent sans entrave puisque ceux qui pourraient les arrêter ne le veulent pas, et ceux qui voudraient les arrêter ne le peuvent pas. Ils représentent une menace existentielle pour les démocraties qui les nourrissent en leur sein, bien qu’ils prétendent veiller sur nos vies comme le Vatican sur nos âmes. (…)
« Nos « supermen » se prennent pour les sauveurs du monde. (…) Ces nouveaux ultra-riches confisquent aux États certaines prérogatives régaliennes, c’est-à-dire des missions censées relever exclusivement de l’autorité souveraine. Ils se sont introduits dans le spatial, la santé, la défense, la diplomatie, l’éducation – ou plutôt le savoir et l’influence sur les esprits… – jusqu’à obtenir, dans certains domaines, une mainmise quasi totale. Ils sont plus riches, plus influents, plus agiles que la plupart des États-nations. (…)
« Les États-Unis et l’Europe ont laissé grandir ces géants de la tech jusqu’à ce qu’ils deviennent intouchables. La Chine, elle, les a bridés pour favoriser ses propres acteurs, comme Alibaba ou Tencent ; mais lorsque ces derniers sont devenus surpuissants à leur tour, lorsqu’ils ont représenté un danger pour l’Etat, Xi Jinping leur a coupé les ailes. (…)

Elon Musk – crédit image : Marcin Pasnicki – Pixabay
« Elon Musk, magnat du spatial et de l’automobile, a racheté (en octobre 2022) Twitter, devenu X, pour 44 milliards de dollars, un gigantesque réseau d’influence de 350 millions d’utilisateurs (…) Mais si Elon Musk a racheté Twitter, ce n’est pas « seulement » pour peser sur le résultat des élections américaines. (…)
Il n’a pas transformé Twitter en X pour le simple plaisir de changer de nom en utilisant sa lettre fétiche (…). Il poursuit son vieux rêve d’autrefois, lorsque sa start-up X.com avait fusionné avec PayPal. Il veut devenir un géant de la finance (…)
« Mark Zuckerberg (…) le patron de Facebook et d’Instagram détient des informations sur plus de trois milliards de personnes, soit un tiers des habitants de la planète, ceux qui sont dotés d’un fort pouvoir d’achat. Il sait comment les influencer. Aucune dictature au monde ne pourrait le faire à cette échelle (…)
« Le fondateur de Facebook et ceux de Google détiennent un autre pouvoir exorbitant : le droit de vie ou de mort sur les médias, donc sur la démocratie. Leurs deux firmes récoltent à elles seules les deux tiers des recettes publicitaires sur Internet, au détriment des médias qui fournissent pourtant les contenus. Elles ont refusé de payer pour la diffusion de ces articles, contrairement à ce que leur imposait la loi européenne et française (…)
« Les plateformes de Marc Zuckerberg (Facebook) ou d’Elon Musk (X) possèdent une responsabilité écrasante dans la polarisation politique qui s’aggrave en Occident, et dans la montée des populismes. (…)
« Pire encore, peut-être, les réseaux sociaux ont une influence néfaste sur la santé mentale des enfants et des adolescents, dont les trop nombreuses heures d’écran quotidien endommagent le développement intellectuel. Ce n’est pas par hasard si la plupart des patrons de la tech interdisent à leurs enfants de posséder un portable avant l’âge de 14 ans (…) et, souvent, les inscrivent dans des écoles où les écrans sont interdits (…)
(extraits publiés avec l’aimable autorisation de l’auteur)
> L’auteur : Journaliste économique, diplômée d’HEC, Christine Kerdellant a exercé des responsabilités éditoriales dans de nombreux titres de presse (L’Express, L’Expansion, L’Entreprise, Les Echos, Le Figaro Magazine, L’Usine Nouvelle…). Elle a publié une vingtaine d’ouvrages sur des sujets éclectiques, signe de son inlassable curiosité, romans, chroniques, essais, et notamment « Les Enfants-puce » (Denoël, 2003), sur la génération Internet-jeux vidéo, « Les Nouveaux Condottieres » (Calmann-Lévy), « Le Prix de l’incompétence » (Denoël, 2000), précurseur de « Ils se croyaient les meilleurs… Histoire des grandes erreurs de management » (Denoël 2016), « Dans la Google du loup » (Plon, 2017) , « Le suicide du capitalisme » (Robert Laffont – 2018), – deux essais dont Consulendo a rendu compte, « La vraie vie de Gustave Eiffel » (Robert Laffont, 2021), « Visez le sommet, pour réussir devenez stratège », avec Vincent Desportes (Denoël, 2022).
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>> « Dieu et la Silicon Valley », d’Eric Salobir, un reportage-méditation sur les ambitions messianiques des entrepreneurs de la Tech (éditions Buchet-Chastel – mars 2020).

« Comprendre Son Temps » – N°2 – 2024
>> « Le numérique est-il démocratique ? » interroge Sciences-Po dans le dernier numéro de sa revue de sciences humaines & sociales Comprendre son temps : « L’insouciance libertaire des débuts d’Internet a fait long feu. Si le numérique a offert au plus grand nombre des espaces d’expression autrefois réservés à des cercles restreints, ses récentes évolutions, en particulier la montée en puissance des plateformes de réseaux sociaux, ont considérablement altéré les modes de production et de consommation de l’information… » Coordonné par Jean-Philippe Cointet, du Médialab, ce numéro rassemble l’analyse d’une vingtaine de chercheurs notamment sur « les effets néfastes de la viralité ou l’impact démocratique des récentes évolutions de l’IA. »