Le conflit dans le Golfe arabo-persique a ouvert une nouvelle faille dans l’économie mondiale, après la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine. Le choc pétrolier qui s’en est suivi montre combien nous sommes encore largement dépendants, et pour longtemps, des sources d’énergie fossile, malgré les promesses des COP successives… L’organisation multilatérale du monde, issue de la Seconde Guerre Mondiale, s’avère inopérante à résoudre les conflits actuels. À l’ordre ancien, s’est substitué un étrange désordre qui sert de champ de manœuvre aux ambitions impériales de quelques grandes puissances, conduisant à une forte fragmentation du monde… Cette nouvelle crise met à nu les vulnérabilités des économies française et européenne, dépendantes des hydrocarbures importés, des matières premières stratégiques et des hautes technologies numériques… Analyse et perspectives.

Crédit illustration : Gerd Altmann – Pixabay
Dépendance et vulnérabilités économiques de la France et de l’Europe sont particulièrement mises à nu par l’enchaînement de crises depuis six ans : pandémie de Covid, guerre russe en Ukraine, conflits au Moyen-Orient et dans le Golfe arabo-persique plus récemment…
Avec l’aggravation des tensions internationales, les politiques multiplient les incantations à la « souveraineté économique ».
Ces déclarations velléitaires ont au moins une vertu : celle de nous faire prendre conscience combien nous sommes dépendants des échanges extérieurs pour notre vie quotidienne, pour notre confort et notre prospérité collective.
La croissance torpillée
Il n’y pas que le pétrole et le gaz qui sont mis sous tension par la guerre en Iran et le blocage du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
La croissance économique, les échanges commerciaux, les investissements, le niveau de l’inflation, sont directement impactés par ce conflit dont on ne connaît pas la durée. Sans parler du moral des acteurs économiques!
Pour ses dernières perspectives de l’économie mondiale publiées mi avril, le Fonds monétaire international, le FMI, a révisé ses prévisions de croissance à la baisse pour 2026.
Estimées à 3,4 % avant le conflit dans le Golfe, les prévisions de croissance économique dans le monde se voient réduites à 3,1%. Et encore, « si le conflit s’avère court et ne s’étend pas », prévient le Fonds… Mais si la crise dans le Golfe devait persister et s’aggraver, la croissance mondiale pourrait tomber à 2,5% voire à 2% et l’inflation s’envoler à plus de 5 ou 6%, selon les scénarios évalués par le FMI.
En France, où le ralentissement de l’activité – essentiellement dû à des facteurs intérieurs – s’observe depuis plusieurs mois, l’Insee constate une croissance nulle au premier trimestre 2026. Il est évident que le conflit du Golfe contribuera à dégrader le climat des affaires, en nourrissant l’inflation, et en pesant sur le moral des ménages, les décisions d’investissement et la consommation…
Selon la Direction générale du Trésor français, le commerce mondial devrait aussi nettement ralentir en 2026 (à +2,2 % après +4,3 % de croissance en 2025) « sous l’effet de la pleine matérialisation du choc tarifaire américain ainsi que du choc énergétique consécutif au conflit au Moyen- Orient. »

Tanker – crédit photo : Gerhard Traschütz – Pixabay
>Même si ce n’est que 20 à 30% des hydrocarbures qui transitent par Ormuz, lorsque une telle quantité est subitement retirée de l’offre mondiale, le prix du reste s’envole, les opérateurs se lancent dans une surenchère pour assurer leur approvisionnement et compenser ce manque. Ainsi, les hausses de prix du kérosène conduisent les compagnies low-cost à supprimer des vols. Et certains évoquent des risques de pénuries pour les grandes vacances d’été…
Le prix des matières plastiques issues de la pétrochimie s’est aussi envolé de 30 à 40%… De même que s’est arrêtée au Qatar la production de l’hélium (sous-produit de la liquéfaction du gaz ), un gaz rare nécessaire à la fabrication des micro-processeurs… Des infrastructures dans le Golfe ont été sévèrement endommagées, ce qui réduit d’autant les capacités de transformation des hydrocarbures et de pétrochimie…
L’économie est un jeu de Mikado, la moindre secousse fait vaciller l’ensemble des pièces
On réalise qu’une partie de l’agriculture mondiale, notamment en Afrique et en Asie dépend largement des engrais azotés (environ un tiers de ceux-ci transite par le détroit d’Ormuz), produits dans les pays du Golfe, à partir de l’extraction du gaz naturel.
Comme le soulignent les économistes du FMI, « Les pays à faible revenu sont particulièrement exposés au risque d’insécurité alimentaire et certains pourraient avoir besoin d’un surcroît d’aide extérieure, alors même que cette dernière se fait plus rare. (…) Toute poussée des prix des engrais et des denrées alimentaires constitue un problème non seulement économique, mais aussi sociopolitique, en particulier dans les pays où les ressources budgétaires pour amortir le choc sont limitées. (…) Dans les pays à faible revenu, où les habitants consacrent une grande partie de leurs ressources à l’alimentation, en particulier en Afrique et dans certaines zones du Moyen-Orient, ainsi qu’en Amérique centrale, une hausse des prix des denrées alimentaires aurait de lourdes conséquences économiques et sociales »…
Les pays en développement ne sont pas les seuls impactés : « L’interruption des approvisionnements de nutriments agricoles en provenance du Golfe intervient précisément au moment où la saison des semis débute dans l’hémisphère Nord, menaçant les rendements et les récoltes tout au long de l’année, et renchérissant les denrées alimentaires », souligne le FMI.
L’attractivité économique et financière des pays du Golfe est aussi brutalement ébranlée. De même que sont impactés le trafic aérien et les flux touristiques, car ces émirats sont devenus des hubs aéroportuaires stratégiques pour les longs courriers. Et ces pays avaient aussi misé sur le tourisme haut de gamme pour préparer l’après-pétrole (Louvre Abu Dhabi)…
Les flottes de la marine marchande, pour éviter la région du Golfe arabo-persique, se voient contraintes de contourner le continent africain par le Cap de Bonne Espérance, ce qui rajoute quinze jours de mer, et donc renchérit le coût du fret…
Ce que soulignent les économistes du FMI :« Le déroutement des navires-citernes et des porte-conteneurs fait augmenter les coûts de fret et d’assurance, en plus de rallonger les délais de livraison. Le Golfe assure une grande partie de l’approvisionnement mondial en hélium, élément utilisé dans un large éventail de produits, depuis les semi-conducteurs jusqu’aux appareils d’imagerie médicale. L’Indonésie, qui fournit à elle seule la moitié du nickel mondial, matériau essentiel des batteries des véhicules électriques, pourrait être confrontée à une pénurie de soufre, qui est nécessaire au traitement de ce métal. Les pays d’Afrique de l’Est qui dépendent de liens commerciaux avec les pays du Golfe et des transferts de fonds en provenance de ces derniers font face à un affaiblissement de la demande pour leurs exportations de services, à des goulets d’étranglement logistiques et à une diminution des envois de fonds. »
Le monde reste encore très dépendant des énergies fossiles

Evolution de l’usage des sources d’énergie dans le monde depuis 1980 – Source : Fonds monétaire international 2026 . Malgré les engagements de nombreux États à sortir des énergies fossiles, 80% des habitants de la planète vivent dans des pays importateurs net de pétrole et de gaz… La transition énergétique prendra beaucoup plus de temps qu’on ne le planifie.

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La mondialisation des échanges a profité au consommateur
La France est l’Europe sont, depuis des décennies, insérées dans l’économie mondiale. Le principal bénéficiaire, même s’il n’en a pas toujours conscience, est le consommateur !
Depuis une quarantaine d’années, les consommateurs français et européens ont pu accéder à quantité de biens à prix cassés : vêtements, électroménager, équipement électronique, Hi-Fi, accessoires de sport et de loisir… Tous importés, essentiellement d’Asie.
Déficit agroalimentaire. Il y a certes des dépendances que nous sommes sans doute en capacité de corriger si la volonté et l’impulsion des politiques publiques s’y emploient. Ainsi, pour la première fois probablement depuis la Seconde Guerre mondiale, la balance agricole de la France est passée dans le rouge en 2025. C’est à dire que nous importons davantage de denrées agricoles que nous n’en exportons. On sait que les Français consomment deux fois plus de produits bio que nous n’en cultivons…
Dépendance aux High-Techs. Ce qui est encore plus préoccupant désormais, avec la révolution des hautes technologies qui s’accélère, c’est la dépendance de la France et de l’Europe aux solutions, applications et réseaux numériques, aux fournisseurs d’intelligence artificielle (I.A.), largement contrôlés par les Américains.
Internet, réseaux sociaux, navigateur-Web, e-commerce, cloud, logiciels, IA Générative… nous utilisons essentiellement des solutions fournies par les fameux « Gafam » (Google, Apple, Facebook-Meta, Amazon, Microsoft), désormais plus puissants que des États!
Beaucoup pensaient au début de l’an 2000 qu’il s’agissait d’outils neutres, et qu’il suffirait d’en maîtriser l’utilisation. Mais la France et l’Europe sont tombées, à leur corps défendant, dans la dépendance aux grandes plateformes américaines, fournisseurs d’accès au Web et d’une multitude d’applications dont nous nous servons au quotidien, dans la vie privée et professionnelle et dont nous ne pouvons plus nous passer… Ces plateformes et solutions numériques se révèlent des instruments de la suprématie technologique et culturelle des États-Unis.
La déferlante de l’I.A. profite aux sociétés américaines, qui disposent de capacité d’investissement colossales, même si nous pouvons nous enorgueillir du français Mistral AI.
Transition électrique. Pour sortir de notre dépendance aux hydrocarbures, le gouvernement français veut accélérer la transition vers le tout-électrique, en encourageant une « électrification massive des usages ». Ce qui se comprend.
Mais cette conversion ne nous soumet-elle pas à une autre dépendance : celle des matières premières stratégiques, des « terres rares » indispensables à la production des batteries ?
Et que dire de notre dépendance aux microprocesseurs, les fameuses « puces » qui se logent désormais partout… L’Europe ne produit que 7% des microprocesseurs dans le monde. Et pourtant nous avons un champion européen en la matière, le franco-italien STMicroelectronics (5ème fabricant dans le monde), dont le siège est à Grenoble. Mais l’extension de ses capacités de production sont bridées par les écologistes…
Nous pourrions aussi évoquer la production de panneaux solaires que nous avons laisser se délocaliser en Chine, alors que la France avait une avance technologique, ayant construit la première centrale solaire au monde, Thémis, dans les Pyrénées Orientales, au début des années 1970… Tandis que la loi Climat et Résilience fait désormais obligation de recouvrir tous les parkings des zones commerciales de France et de Navarre d’ombrières solaires… Ce qui ne manquera pas d’aggraver notre balance commerciale!
Vulnérabilité, interdépendance et coopération

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Lors de la crise du Covid, nous étions subitement retrouvés à court de masques, de médicaments, de pièces détachées industrielles… Après la pandémie, un élan « souverainiste » encourageait à une plus grande autosuffisance européenne; les autorités appelaient à relocaliser les industries sur notre sol.
Relocalisations. Ainsi, la France avait-elle annoncé vouloir relocaliser sur le territoire national la production de Doliprane, un médicament bon marché, dont la molécule est tombée dans le domaine public, et dont la production est largement sous-traitée à l’étranger, notamment en Asie… La fabrication de masques jetables sur notre sol s’est révélée peu rentable…
Un « rapatriement » intense en Europe d’unités de production délocalisées dans les pays du Sud global est peu crédible. Pour de nombreuses raisons. Entre autres, une relocalisation industrielle systématique priverait les pays émergents de recettes, et l’Occident perdrait ainsi des débouchés tant commerciaux que des opportunités de transferts de technologie dans des pays sous-traitants qui s’appauvriraient…
Par ailleurs, nos grands groupes nationaux font valoir que la mondialisation des échanges leur permet d’avoir accès aux dernières innovations, aux technologies les plus prometteuses et performantes, ainsi qu’aux talents étrangers qu’ils peuvent attirer, afin de conserver leur avantage compétitif… et satisfaire des consommateurs constamment à l’affût de nouveautés.
La guerre au Moyen Orient et le blocage du détroit d’Ormuz viennent démontrer combien nos économies et nos entreprises sont intriquées et interdépendantes!
Les sociétés contemporaines sont des sociétés de flux : télécommunications, Internet, énergie, transports, voyages, commerce, capitaux, culture, divertissements … tout circule, en quantité croissante et de plus en plus vite.
L’intensification de ces flux – technologiques, économiques, financiers – depuis la seconde moitié du 20ème siècle a contribué à une élévation générale du niveau de vie et du confort matériel pour un nombre croissant de personnes.
Mais cette interdépendance est aussi source de vulnérabilité.
Tout aléa, accident, attaque ou crise qui bloque la circulation de ces flux sape la structure même du fonctionnement de nos sociétés…
Le syndrome de Robinson. Les sociétés archaïques étaient des sociétés autocentrées, peu ouvertes sur l’extérieur, et autosuffisantes. Elles représentent pourtant encore un idéal mythique pour les écologistes qui font de la sobriété et de l’autosuffisance la recette de notre salut collectif… Or il n’est plus possible dans le monde d’aujourd’hui de vivre en « vase clos », sauf pour des petites communautés cantonnées sur un territoire restreint qui accepteraient de vivre comme des sociétés rurales ou de montagne du début du 20ème siècle.
Vous avez dit « démondialisation » ?
Certains analystes ont annoncé, de façon un peu trop hâtive, une « démondialisation », en pointant le retour en force des nationalismes, du protectionnisme, et la remise en cause du multilatéralisme.
Contrairement à ce que certains imaginaient, une fois sortis de la pandémie de Covid, le commerce international et le trafic aérien ont retrouvé des niveaux de croissance record.
Les économies nationales sont aujourd’hui plus que jamais interdépendantes : chaque pays a intérêt à se procurer, à des conditions intéressantes, des produits, des ressources, des innovations, des financements, auprès d’un autre. C’est la théorie des avantages comparatifs formulée par l’économiste David Ricardo et qui reste pertinente. De même, chaque pays, au delà de son marché intérieur, recherche de nouveaux débouchés commerciaux pour ses propres productions ou services…
Certes, la menace extravagante de Donald Trump d’imposer aux fournisseurs des États-Unis des droits de douane massue avait fait craindre un retour brutal du protectionnisme. Finalement, les taux d’imposition ont été plus faibles que redouté, car des droits de douane excessifs auraient d’abord pénalisé le consommateur américain et nourri l’inflation…
Il est logique et légitime que les États défendent d’abord leurs propres intérêts économiques et commerciaux. Mais il est un fait avéré que la réduction continue des barrières douanières depuis 75 ans a apporté plus de prospérité au monde que le protectionnisme et la guerre.
L’organisation multilatérale du monde, issue de la Seconde Guerre Mondiale, s’est lézardée. Face à la multiplication des crises, elle s’avère inopérante à régler les conflits actuels.
À l’ordre ancien s’est substitué un étrange désordre qui sert de champ de manœuvre aux ambitions impériales de quelques grandes puissances, et à la résurgence d’idéologies totalitaires, entraînant une forte fragmentation du monde…
Quelle est l’alternative?
Dans ce contexte troublé, où les tensions géopolitiques et les conflits menacent, une reconfiguration des alliances et des partenariats commerciaux pourrait s’esquisser.
Notamment, à partir de quelques groupes de pays volontaires
Des coopérations « régionales », par grandes zones géographiques, pourraient être la parade au risque de fragmentation du monde et de guerres commerciales.
Ainsi, l’Union européenne devrait renforcer des partenariats « affinitaires » avec des pays ou des régions ayant des intérêts complémentaires, en Europe Orientale, en Afrique proche, dans le monde francophone, et aussi en Asie, en Amérique Latine, en Océanie…
Un monde multipolaire ou fragmenté ?
Comme l’écrit le directeur des études du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, dans une note d’analyse récente, « outre les conflits ouverts, les tensions géopolitiques dessinent un monde de plus en plus multipolaire, dans lequel des vagues de restrictions commerciales imposées par tous les grands blocs économiques portent atteinte à la coopération internationale et à la croissance. Si cette évolution peut intensifier les politiques de repli sur soi, les échanges commerciaux se réorientent aussi vers de nouveaux partenaires et accords régionaux, qui ne coïncident pas nécessairement avec les anciennes frontières géopolitiques (…) L’économie mondiale est aux prises avec un nouveau défi de taille. Et, même si elle risque de devenir plus multipolaire, cela ne signifie pas pour autant qu’elle doive devenir plus fragmentée. Nous devons continuer à renforcer la coopération internationale. »
Le haut degré de complexité de nos sociétés modernes génère, dans le même temps, un haut niveau de vulnérabilité. Et nous devons avancer sur ce chemin de crête…
Dans un temps où les ferments de conflits restent nombreux, où l’idéal « universaliste » de l’après-Seconde Guerre mondiale est mis à mal, où les tentations de replis identitaires et « d’isolationnisme » sont fortes, seuls la coopération et l’échange mutuellement bénéfique entre nations sont capables de générer un mieux-vivre collectif. La voie est étroite.
Mais en est-il une autre?
J.G.
Panneaux solaires, voitures électriques, ultra fast-fashion… l’offensive chinoise.
En matière de production, d’innovation et de nouvelles technologies, les Chinois appliquent à la lettre un mot d’ordre « Faster and better! » Avec l’ambition de devenir la première puissance économique mondiale en 2027. Face aux barrières douanières américaines, la Chine cherche à réorienter davantage ses exportations vers l’Europe, et aussi vers les pays en développement d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique…
C’est ce que souligne dans une récente note, la Direction générale du Trésor :
« La hausse des droits de douanes décidée par les États-Unis en 2025 fait peser un risque de redirection vers le marché de l’Union européenne (UE) des exportations chinoises destinées auparavant au marché américain. Ce risque est d’autant plus grand qu’il s’inscrit dans un contexte de fortes capacités de production en Chine associées à des pressions déflationnistes, augmentant à la fois la quantité de produits à exporter et leur compétitivité-prix. De plus, l’économie chinoise développe de nouvelles stratégies de distribution de produits à bas prix, comme l’illustre l’émergence des plateformes comme Shein et Temu, qui pourraient favoriser la pénétration de leurs marchandises au sein du marché européen. À ce jour, les importations en provenance de Chine ont augmenté en France et en UE. En 2025, les importations cumulées en valeur depuis la Chine ont augmenté en France de +5 % par rapport à l’année 2024. »